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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 21:15

Encore une adaptation à la langue française d'un poème d'Edgar Allan Poe

Israfel / Et l’ange Israfel, dont les fibres du cœur sont un Luth, et qui de toutes les créatures de Dieu a la plus douce voix (Le Coran) / / C’est dans le Paradis qu’un esprit angélique / Réside ; et « de son cœur, les fibres sont un luth » ; / Nul ne chanta jamais de chant si magnifique / Et sauvage que cet ange, Israfel ; nous l’indique / Ce mythe : chaque étoile est prise d’un antique / Vertige ; elle interrompt ses hymnes, extatique / – Sortilège ! – ; à sa voix, chacune se tait. Chut… / / C’est ainsi qu’au-dessus de nos têtes vacille, / Quand elle culmine au zénith de son jour, / La lune chancelante ; elle tombe en amour, / Elle défaille, elle rougit, elle scintille / Quand, pour mieux écouter, la vermeille clarté / (Les Pléiades aussi, qui jadis ont été / Sept, et que l’on connaît pour leur vélocité) / Fait une pause au Paradis, sainte cité. / / L’on peut entendre alors par le chœur en délire / Des étoiles, par tous, dit d’une seule voix, / Que le feu d’Israfel doit à sa céleste lyre / – C’est de cet instrument que lui vient son empire – / Par laquelle il s’assied, livrant son chant vermeil, / Ce tremblement sans fin de la vie ; il respire / En chaque corde étrange ; il n’est rien de pareil ! / / Mais dans les cieux bénis que les pas de cet ange / Arpente, les pensers profonds sont un devoir ; / L’amour y est un dieu fort, que chacun louange, / Les clins d’œil des houris y sont, comme un miroir, / Imprégnés de beauté, de la splendeur étrange / Qui nous fait adorer les étoiles du soir. / / Et c’est pour tout cela que l’on peut en justesse / T’approuver, Israfel, pour ton mépris puissant / De tout chant qui n’ait pas l’éclatante richesse / Des passions ; et tes lauriers, qui n’y consent ? / Nul barde ne t’égale, et nul n’a ta sagesse ! / Que tu vives joyeux, et longtemps florissant ! / / De ce haut Paradis cette extase est richesse, / Ce feu tiré par toi d’un silence, d’un ut – / Ta douleur, ta joie, et ta haine, et ta tendresse, / Avec cette ferveur que leur donne ton luth. / Les étoiles vraiment peuvent se taire. Chut ! / / Il n’est faux que ce ciel tout entier t’appartienne, / Mais notre monde est fait de douceurs et de pleurs, / Et nos fleurs, simplement, ne sont rien que des fleurs ; / Et que l’ombre de vos félicités parvienne / Ici, elle y semble un soleil de splendeurs ! / / Certes, s’il se pouvait qu’un jour je m’établisse / Où réside Israfel, où tout n’est que délice, / Et si de même lui pouvait devenir moi, / Il se pourrait qu’en ces bas lieux son chant ne puisse / Aussi bien retracer d’un mortel chaque émoi, / Pendant qu’il se pourrait qu’une note se hisse, / / De ma lyre, hardiment, jusques aux pieds du Roi / / Stellamaris

D'après

Israfel / And the angel Israfel, whose heart-strings are a lute, and who has the sweetest voice of all God's creatures.—KORAN. / / In Heaven a spirit doth dwell / “Whose heart-strings are a lute”; / None sing so wildly well / As the angel Israfel, / And the giddy stars (so legends tell), / Ceasing their hymns, attend the spell / Of his voice, all mute. / / Tottering above / In her highest noon, / The enamoured moon / Blushes with love, / While, to listen, the red levin / (With the rapid Pleiads, even, / Which were seven,) / Pauses in Heaven. / / And they say (the starry choir / And the other listening things) / That Israfeli’s fire / Is owing to that lyre / By which he sits and sings— / The trembling living wire / Of those unusual strings. / / But the skies that angel trod, / Where deep thoughts are a duty, / Where Love’s a grown-up God, / Where the Houri glances are / Imbued with all the beauty / Which we worship in a star. / / Therefore, thou art not wrong, / Israfeli, who despisest / An unimpassioned song; / To thee the laurels belong, / Best bard, because the wisest! / Merrily live, and long! / The ecstasies above / With thy burning measures suit— / Thy grief, thy joy, thy hate, thy love, / With the fervour of thy lute— / Well may the stars be mute! / / Yes, Heaven is thine; but this / Is a world of sweets and sours; / Our flowers are merely—flowers, / And the shadow of thy perfect bliss / Is the sunshine of ours. / / If I could dwell / Where Israfel / Hath dwelt, and he where I, / He might not sing so wildly well / A mortal melody, / While a bolder note than this might swell / / From my lyre within the sky. / / Edgar Allan Poe

(Illustration : Illustration de Edmund Dullac pour un recueil de poèmes d'Edgar Allan Poe, 1912)

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commentaires

Martine Maillard 12/08/2014 12:31

Magnifique, Stellamaris !

Stellamaris 12/08/2014 12:37

Merci infiniment, Martine ! Bises !

annie 08/08/2014 21:25


Michel merci !


C'est déjà rassurant !


A bientôt et une douce nuit.


Bisous.

Stellamaris 08/08/2014 21:53



À toi aussi, bises !



annie 08/08/2014 21:12


Merci Michel.


Je m'en doutais un peu... Je n'ai plus les communautés non plus... Je doute d'avoir bien fait mais n'avais visiblement plus le choix ! J'espère m'y retrouver mais c'est plus compliqué que
l'ancien pour la nulle en informatique que je suis !


Pardon pour les deux derniers commentaires dans lesquels j'ai laissé des fautes d'étourderies...


A bientôt.

Stellamaris 08/08/2014 21:18



Aucun souci pour les fautes, Annie, ça m'arrive aussi !


Quand à ta notification, finalement je l'avais reçue mais elle était tombée dans mes spams...


Bises, Annie !



annie 08/08/2014 20:59


Bonsoir Michel,


Quel niveau que ce poème magnifique...! Bravo pour avoir su traduire ainsi vraiment, j'admire.


Je ne sais si tu as reçu ma notifications d'article depuis mon changement de version OB ? Pas facile ce changement pour moi, au niveau de l'administration...


Bises et une douce soirée Michel.

Stellamaris 08/08/2014 21:06



Merci infiniment pour ton commentaire, Annie !


Concernant ton blog, je n'ai pas encore reçu la notification d'Over-Blog pour ton article de ce jour ; mais je ne suis pas convaincu que ce soit immédiat...


Bises !