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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 20:06

Encore une transposition en vers français d'un poème d'Edgar Allan Poe...

Terre de songes / / Par un itinéraire inconnu, solitaire, / Que des anges souffrants seuls hantent l’âme amère, / Où préside une idole – et son nom est la Nuit – / Droite sur son noir trône où l’on n’entend nul bruit, / Depuis bien peu de temps j’ai rejoint cette terre / Depuis une Thulé suprême, sombre et fière – / Depuis d’autres climats qui gisent, éclatants, / Au dehors de l’Espace aussi bien que du Temps. / / D’insondables canions et des flots sans limite, / Des abîmes, des bois où le Titan habite / Et tels que nul humain ne peut les découvrir / Pour les larmes coulant en ces lieux, sans finir ; / Des montagnes tombant en abrupts qui convergent / Sans fin, droit vers des mers sans nulle grève ou berge ; / Vers des lacs aspirant, sans repos, furieux, / À s’élever jusqu’à toucher des cieux les feux ; / Vers des lacs d’où sans fin s’écoulent, solitaires, / Les eaux – et que ces eaux sont mortes, délétères ! / Que ces lacs sont figés, immobiles, frileux / Dans la neige où le lys repose, paresseux ! – / / En ces lacs d’où sans fin s’écoulent, solitaires, / Les eaux – et que ces eaux sont mortes, délétères ! / Que ces lacs sont figés, immobiles, frileux / Dans la neige où le lys repose, paresseux ! – / Comme en ces monts abrupts, près de cette rivière / Qui murmure tout bas, murmure routinière, / En ces vertes forêts, comme près des marais / Où le crapaud et le triton campent au frais ; / En ces étangs obscurs, ces flaques ténébreuses / Où résident souvent les goules odieuses ; / Au plus impie, au plus maudit de tous ces lieux / Comme dans le recoin le plus mélancolique et vieux, / Oui, même là le passant atterré rencontre, / Voilés, les Souvenirs que le Passé lui montre – / Ces vagues formes qui soupirent, reculant / En passant près du promeneur au pas très lent – / Silhouettes en blanc, amis qu’un sort funeste / Trop tôt rendit à la terre, au séjour céleste. / / Pour tous les cœurs dont les malheurs sont légion, / Comme un baume apaisant est cette région – / Et pour l’esprit errant, perdu dans la ténèbre, / C’est – Oh oui, vraiment, c’est l’Eldorado célèbre ! / Pourtant le voyageur osant vagabonder / Là, ne peut – n’ose pas pleinement regarder ! / Ces mystères jamais, non, jamais ne s’exposent / Aux faibles yeux humains, même s’ils ne se closent ; / Ainsi le veut son Roi, qui dit « par mon décret, / Le couvercle frangé ne soit levé d’un trait ! » / Ainsi, toute âme triste errant dedans ces terres / Ne les voit qu’à travers de très, très sombres verres. / / Par un itinéraire inconnu, solitaire, / Que des anges souffrants seuls hantent l’âme amère, / Où préside une idole – et son nom est la Nuit – / Droite sur son noir trône où l’on n’entend nul bruit, / Je revins récemment à ma maison, ma terre / Depuis une Thulé suprême, sombre et fière – / / Stellamaris / / D’après / / Dream-Land / / By a route obscure and lonely, / Haunted by ill angels only, / Where an Eidolon, named NIGHT, / On a black throne reigns upright, / I have reached these lands but newly / From an ultimate dim Thule- / From a wild clime that lieth, sublime, / Out of SPACE- out of TIME. / / Bottomless vales and boundless floods, / And chasms, and caves, and Titan woods, / With forms that no man can discover / For the tears that drip all over; / Mountains toppling evermore / Into seas without a shore; / Seas that restlessly aspire, / Surging, unto skies of fire; / Lakes that endlessly outspread / Their lone waters- lone and dead,- / Their still waters- still and chilly / With the snows of the lolling lily. / / By the lakes that thus outspread / Their lone waters, lone and dead,- / Their sad waters, sad and chilly / With the snows of the lolling lily,- / By the mountains- near the river / Murmuring lowly, murmuring ever,- / By the grey woods,- by the swamp / Where the toad and the newt encamp- / By the dismal tarns and pools / Where dwell the Ghouls,- / By each spot the most unholy- / In each nook most melancholy- / There the traveller meets aghast / Sheeted Memories of the Past- / Shrouded forms that start and sigh / As they pass the wanderer by- / White-robed forms of friends long given, / In agony, to the Earth- and Heaven. / / For the heart whose woes are legion /’'Tis a peaceful, soothing region- / For the spirit that walks in shadow /’'Tis- oh, 'tis an Eldorado! / But the traveller, travelling through it, / May not- dare not openly view it! / Never its mysteries are exposed / To the weak human eye unclosed; / So wills its King, who hath forbid / The uplifting of the fringed lid; / And thus the sad Soul that here passes / Beholds it but through darkened glasses. / / By a route obscure and lonely, / Haunted by ill angels only, / Where an Eidolon, named NIGHT, / On a black throne reigns upright, / I have wandered home but newly / From this ultimate dim Thule / / Edgar Allan Poe

(Photographie prise sur Internet, ici)

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commentaires

annie 15/07/2014 09:37


Bonjour Michel,


Une superbe transposition pour un poème à la hauteur d'Edgar Poe !


BRAVO vraiment, tu es décidément très doué dans ce domaine Michel.


Bisous.


 

Stellamaris 15/07/2014 12:51



Merci infiniment, Annie ! Bises !