Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Stellamaris. Poèmes et photographie
  • : Poésie classique et photographie, mis en résonance l'un avec l'autre - Edition
  • Contact

Profil

  • Stellamaris
  • Poète et photographe, explorant tout particulièrement les résonances entre l'image et l'écrit
  • Poète et photographe, explorant tout particulièrement les résonances entre l'image et l'écrit

Nombre de visiteurs

Ce blog a déjà reçu visites

Il y a actuellement     personne(s) sur ce blog


Recherche

Boite à outils

Le SORGEL, superbe traité de prosodie

Le site de FLORMED, pour apprendre les formes fixes

Lexilogos, des dictionnaires indispensabes.

Archives

Forums amis

1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 17:05

Toujours en préparation du jeu de rôles de samedi, après les personnages d'Alwenna (la jeune fille qui se réfugie dans le rêve) et de Héléna, voici celui de Kristen, le frère d'Alwenna.

L'illustration, un tableau signé PAPY (TSF), fait partie de cette exposition du Plateau des Capucins qui m'a tant impressionnée

Cris de Kristen / / Mort et malheur de tout temps m’environnent / Car sous les coups périt mon frère aîné ; / Drogue et cancer dedans nos murs moissonnent ; / Si tu meurs, sœur, pourquoi donc suis-je né ? / / Qu’est-ce que rire ? À qui fut donc donné / Ce beau cadeau ? Jamais ici ne sonnent / Ces sons joyeux ! Pourquoi ? Suis-je damné ? / Mort et malheur de tout temps m’environnent. / / Devant Papa qui d’alcool déraisonne, / Depuis petit j’ai toujours frissonné ; / J’avais raison, et point je ne pardonne, / Car sous les coups périt mon frère aîné. / / La maladie a fauché mon puîné ; / Les mots doux du dealer d’amour résonnent ; / Azilis, c’est un mac qui t’est donné ! / Drogue et cancer dedans nos murs moissonnent. / / Dans ton sommeil, les cloches carillonnent / Dans un pays de joie illuminé ; / Et tu nous fuis, tes forces t’abandonnent… / Si tu meurs, sœur, pourquoi donc suis-je né ? / / Est-ce l'Eden ? Car, j'en suis étonné, / Des signes noirs en mon songe bourdonnent ; / Tu crois revivre ; hélas, halluciné, / Je vois que là, voraces, nous espionnent / Mort et malheur. / / Stellamaris

(Rondeau parfait)

Partager cet article
Repost0
30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 21:30

Dans la campagne de jeu de rôles que je vais commencer samedi, je vous ai déjà présenté Alwenna, cette jeune fille qui s'enfuit dans le monde des rêves... Ce poème vous présente Héléna, sa meilleure amie, en fauteuil roulant depuis 4 ans pour s'être laissée entrainer à une soirée où alcool et drogue coulaient à flots. (L'illustration est celle choisie par la joueuse pour présenter son personnage, inspiré d'une personne qu'elle a connue)

Chant de marche d’Héléna / / Marche, mon âme, et tiens-toi droite et fière ! / Car tu rampais comme un vil vermisseau, / Tous tes trésors cachés sous le boisseau, / Quand sur deux pieds tressautait ton derrière / Pour plaire à qui te traitait en pourceau / En t’entraînant plus bas que la poussière… / Marche, mon âme ! / / Dans ce fauteuil, tu connus le sursaut / Qui te menas, debout, vers la lumière ; / Tu retrouvas ta stature première, / La mort ne te retient dans son lasso ! / Marche, mon âme ! / / Stellamaris

(Rondinet)

Partager cet article
Repost0
29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 23:17

Ce poème représente la situation initiale d'un jeu de rôles dans les contrées du rêve de Lovecraft : Les personnages, sans nouvelles depuis trois mois de leur soeur (pour l'un) et meilleure amie (pour l'autre), la retrouvent, à l'hôpital, dans le coma. A ses côtés, son journal qui se termine par ce poème. S'ils veulent la sauver, ils devront aller la rechercher dans le pays des rêves où elle s'est réfugiée...

Pour la forme, c'est une variante du double sonnet, en rajoutant à chaque strophe un quasi-refrain

L'illustration, de Mathieu Le Gall, faisait partie de cette exposition au Plateau des Capucins à Brest, où j'ai également pris le tableau qui m'a inspiré ma "Cité Morte"

Complainte d’Alwenna / / Triste est ma ville au lourd manteau de brume, / Pesants les coups qu’assène le destin ; / Nous avons fui pour ne servir d’enclume / Quand Père boit, du soir jusqu’au matin. / Mon refuge est le rêve ! / / Un soir, hélas, sa bave était d’écume, / Il frappait dans un brouillard indistinct ; / Un frère est mort, un autre nous assume / Tant bien que mal, mais son rire est éteint… / Mais moi, je ris en rêve ! / / Vint le cancer cueillir le benjamin / - Car le malheur, quand il frappe, s’acharne / Et nous tient tous dans le creux de sa main - / Mais subsiste le rêve ! / / Ma sœur s’enfuit pour faire la putain, / La drogue a fait d’elle une vieille carne… / Avec Erwan, j’ai trouvé mon destin, / Je vivrai dans le rêve ! / / Alors, recluse à l’abri du soleil / J’arpenterai les terres oniriques, / Contemplerai leurs palais de vermeil, / M’abreuverai de leurs vignes magiques… / C’est un merveilleux rêve ! / / De Kuranès je suivrai le conseil, / Je vivrai dans ses royaumes féeriques / Où nul ne meurt… La terre du réveil / Ne me donna que des pleurs pathétiques ! / Je préfère le rêve ! / / Je fuirai Leng, hideux plateau maudit ; / A-t-il laissé ses traces maléfiques / Sur mon Erwan, mon merveilleux bandit ? / Dangereux fut ce rêve ! / / Meure mon corps, c’est un fardeau trop lourd ! / C'est de Xura, que craignent les rustiques, / Qu’Erwan m’appelle… Alors, mon âme y court ! / Seul subsiste le rêve ! / / Stellamaris

Partager cet article
Repost0
20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 10:54

Ce poème est inspirée par une partie du jeu de rôles "Prosopopée", où l'on joue des divinités qui créent un monde en le décrivant par leur parole...

Au flanc d’une falaise / / Au flanc d’une falaise infinie / - Oncques nul ne put voir son sommet, son pied - / Des humains vivaient en harmonie / Avec le vent, toujours montant, comme il sied ; / / Mais un jour il se tut. Oh, panique, / Car sans moulins, comment irriguer les champs ? / / Pour échapper au sort fatidique / Certains descendent voir d’où venaient les chants / / D’Éole… En bas, une flamme éteinte / Pleurait ; l’étouffait de la boue – un golem ! – / Comment donc lui redonner sa teinte ? / / Par bonheur, avide, le totem / But à s’en gaver de l’eau de la cascade, / Jusqu’à devenir liquide et – hem ! – / / Il coula ! Depuis, le feu gambade ! / / Stellamaris

(Photographie : Dans les gorges du Verdon)

(Sonnet quinzain)

Partager cet article
Repost0
2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 12:45

(Un poème inspiré par une partie de jeu de rôles, mais qui est aussi une belle métaphore de notre monde...)

http://img88.xooimage.com/files/3/4/4/monde-sans-couleurs-3a08750.jpg

(Photographie de l'auteur, retouchée : Sur la lande de la Presqu'île de Crozon)

(Sonnet symétrique : Voir ici)

Partager cet article
Repost0
30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 14:19

Ce poème est inspiré par l'univers du jeu de rôles "Rêve de dragon"

Rêve de dragon / / C’est dans un antre obscur que dort un grand dragon ; / Créature sans âge à l’immortelle sève, / Trouvant joie et délice à parfaire son rêve ; / C’est son chef d’œuvre ! Et l’on ne voit nul Harpagon / Apporter plus de prix à ses chères piécettes / Que lui, le créateur, à nous tous, ses enfants, / Qui naissons, renaissons des oniriques fêtes / Égayant nuit et jour ses sommeils triomphants ! / Pour beaucoup, cependant, ce n’est qu’une légende ; / Ils se croient bien réels, formés de chair et d’os, / Et, pour eux, vie et mort sont de pesants fardeaux... / Mais il est quelques lieux, sacrés, – Brocéliande ! – / Où la lune parfois est comme un clair miroir / Qui devient transparent ; soudain, l’on peut le voir ! / / Stellamaris

(Illustration : Réplique de drakkar aux fêtes nautiques des Tonnerres de Brest 2012, à Brest)

(Strophe onéguine)

Partager cet article
Repost0
18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 22:54

Poursuite de la campagne de jeu de rôles qui a déjà donné lieu à deux poèmes que vous trouverez dans la catégorie "Jeu de rôles". Compte-rendu de la séance de samedi soir, j'ai changé de personnage et je joue désormais la fille du jarl (4)

L'image de fond représente Yggdrasil, l'arbre-monde

Nota : Pour apprécier le rythme du poème, consulter les notes de bas de page sur la prononciation des termes scandinaves, notamment "Baldr" et "Nifflheim" qui ont une syllabe de plus que ce que leur orthographe ne l'indiquerait en langue française

http://img68.xooimage.com/files/5/2/9/pr-lude-la-saga--...rouenges-2fcd9e4.jpg

http://img66.xooimage.com/files/7/3/b/pr-lude-la-saga-p...rouenges-2fcda18.jpg

(Ronde de rotrouenges)

1 - Cauchemar

 

Dieux ! Quel sombre destin ! Quel funeste présage !

Mon père est haletant, hanté, tout comme un vieil

Homme qui craint la mort au détour du sommeil …

Lui, le fier, le puissant, le si brave, le sage !

 

Vit-il donc Niflheim (1), le pays sans herbage,

Sans chaleur, sans soleil, où trône Dame Hel ? (2)

Jamais nul n’en revint ! Même Baldr (3), le bel, 

Y reste prisonnier, se lamente le sage !

 

Mais moi, je le connais ; même ce paysage

Noir, ne le troublerait, s’il y descendait seul …

Je frémis … Dieux ! Qui donc vit-il, en un linceul

Enveloppé ? Quelle terreur, pour qui fut sage !

 

Jamais nul cauchemar ne troubla son visage

Autant que celui-ci … Lui dont le ferme cœur

Ne succomba jamais aux affres de la peur !

C’est un terrible rêve, effrayant le plus sage !

 

2 - Cages

 

C’est un terrible rêve, effrayant le plus sage :

Dans un bateau fait d’os, qui voguait en grinçant,

Il naviguait, hagard, sur une mer de sang …

Une âme, dans chaque os, est prisonnière, en cage …

 

Ces âmes, c’est son peuple ! Et vois, sur le rivage,

N’est-ce son peuple aussi, qui, fuyant les forêts

En feu, court éperdu, pour tomber dans les rets

D’un sort bien pire encor que cette horrible cage ?

 

Là, les monstres marins, aux aguets, sur la plage,

Traquaient les rescapés, se repaissaient des morts … 

Bien pire, en esclavage ils traînaient les plus forts,

Au fond des flots maudits … Éternelle est leur cage …

 

Comme un prophète en transe, on voit sur le visage

De mon Père couler, en abondants ruisseaux,

Une sueur vermeille … Et, rompant tous ses sceaux,

Entends son cœur de jarl (4) s’emballer en sa cage !

 

3 - Que veut nous dire Odin ?

 

Entends son cœur de jarl (4) s’emballer en sa cage ;

Du clan, n’est-il le père ? Et nous, son héritage ?

Et pour sauver ses fils, il oserait, je gage,

Interroger Odin …

 

Odin, le Dieu des dieux, qui règne sans partage

Sur Asgard (5) et Midgard (6), depuis des temps sans âge ?

Oser le défier, c’est s’offrir au carnage !

Qu’il est puissant, Odin !

 

Connaître le futur, n’est-ce l’unique ouvrage

Auquel il se dédie ? Et si grande est sa rage

Qu’il y perdit un œil, car tel est son courage !

Ne sait-il tout, Odin ?

 

Mais bien obscur, souvent, est hélas le langage

Dont il use pour nous … Et souvent l’homme enrage

De n’y entendre goutte, et tôt se décourage …

Que veut nous dire Odin ?

 

4 - Perplexité

 

Que veut nous dire Odin ?

Personne ne comprend, tout le jour l’on médite

Son message soudain …

Et chacun s’interroge, et longuement hésite …

 

Comme un coup de gourdin

Nous semble cet oracle, et l’effroi monte vite …

Serait-il vraiment fin

De le chanter ? On en rirait ! Le scalde hésite !

 

Non, ce n’est anodin !

Est-ce que va périr ce monde où l’on habite,

Et la biche et le daim

Dans la forêt ? Combien tout cœur, tremblant, hésite !

 

Ni noble, ni gredin,

Nul ne comprend ! Ingun (7) même reste interdite …

Oh, pauvre citadin,

Regarde la völva (8) ; vois donc comme elle hésite !

 

5 - Jeûne

 

Regarde la völva (8) ; vois donc comme elle hésite ! –

Encore après un jeune et des veilles sans fin,

Régime rigoureux, fait de sel et de pain ;

Vois donc ; elle est si maigre ! En son corps, plus n’habite !

 

Ne croirait-on plutôt voir une cénobite

Recluse en plein désert ? Un vieux moine chrétien,

Qui, pour prier son dieu, ne boit ni mange rien,

Sinon le minimum, tant sa flamme l’habite ?

 

Mais Odin n’est pas tel ! Il n’est un troglodyte !

Pour lui, boire et manger sont un culte divin ;

Son éternel banquet, nul n’y connaît la faim ;

Fou, celui qui l’oublie ! Au Valhall (9) il habite !

 

À perdre la raison, la prêtresse cogite ;

Et nous autres du clan, que ferons nous enfin ?

Thor, retiens ta fureur, quand, en sombre parfum,

Toute terreur prend corps, grandit, puis nous habite …

 

6 - Terreur

 

Toute terreur prend corps, grandit, puis nous habite …

Nous nous croyions vaillants, comme un peuple puissant

Qui règne sur la mer par le glaive et le sang ?

Toute rébellion, devant nous, fut détruite ?

 

Toute ville ennemie, aussitôt déconfite,

Ne peut imaginer plus terribles fureurs

Que les nôtres ; nos raids sont si dévastateurs

Que toute leur contrée est quasiment détruite !

 

Quand ils voient un langskip (10), que soudaine est leur fuite !

Ils courent se terrer, tout comme des lapins,

Et nous laissent piller impunément leurs biens …

Leur cité, comme un fruit, tombe aussitôt, détruite !

 

Mais ce rêve est venu, comme un météorite,

Saper notre courage, et, comme des enfants,

Nous sommes apeurés, tremblants, plus que des faons …

Finirons-nous grillés, notre race, détruite ?

 

7 – La fureur des dieux

 

Finirons-nous grillés, notre race, détruite ?

Est-ce donc tout Asgard (5) qui contre nous s’agite,

Levant ses légions, pour notre mort subite ?

Que nous veut donc Odin ?

 

Il n’épargne personne, et pas même lui-même,

Se laissant mutiler pour le savoir suprême,

Les scaldes (11) l’ont chanté, célèbre est ce poème …

Inflexible est Odin !

 

La victoire est à lui, car il vainquit Ymir (12),

De son corps façonna Midgard (5), sans défaillir.

Ne vois-tu qu’Yggdrasil (13) sans lui ne peut verdir ?

Ô, tout puissant Odin !

 

Qui subit ta colère et ta rouge fureur

Les os liquéfiés tant intense est sa peur,

En est paralysé, cloué par la stupeur ;

Terrifiant Odin !

 

8 – Relevons la tête

 

Terrifiant Odin !

Contemplant ses exploits, notre âme est stupéfaite,

Oui, mais, pleurer en vain ?

Il déteste cela, nous dit chaque prophète :

 

« Il abhorre qui geint ! »

Reprenons nos esprits, et relevons la tête ;

Quel que soit le gardien,

Oui ! Nous l’affronterons, pour chercher son prophète !

 

Il est long le chemin,

Et par d’étranges mers où le danger nous guette, 

Nous irons, dès demain,

Dans un unique but, rencontrer son prophète !

 

Hardi, les gars ! Quand bien

Même, des Lofoten, le roi (14), terrible bête,

Serait sur le chemin,

Nous irons dans le Nord consulter son prophète !

 

9 – Son prophète

 

Nous irons dans le Nord consulter son prophète,

La femme légendaire – Et qui donc ne la craint ? –

Qui transperce les cœurs de son regard d’airain ;

Oui, nous l’affronterons ! Ce sera notre quête !

 

On dit que les blizzards paissent sous sa houlette,

Qu’en son palais de glace, un froid surnaturel

Étreint même les flots, et que maints, par le gel,

Périssent sans toucher le terme de leur quête …

 

Qui parvient à ses pieds, souvent, elle l’hébète,

Il nous revient stupide et parfois même fol,

La révélation, comme du vitriol,

Lui détruisant l’esprit … Trop lourde était la quête !

 

Mais c’est sur ce chemin où le danger nous guète

À chaque pas, que nous irons ; notre destin

Implacable nous mène, au son de son tocsin,

Voir la Dame de Givre ; écrasante est la quête !

 

10 - Reflets

 

Voir la Dame de Givre ; écrasante est la quête,

Mais nous l’affronterons, car vital est l’enjeu ;

Il est fini le temps du rire. Comme un feu,

Le poids de ce fardeau dans nos yeux se reflète,

 

Nous avançons courbés, et comme à l’aveuglette …

Oui, mais déterminés ; car quand tout le salut

Du clan est en péril, défaillir est exclu ;

Et ce défi, pareillement, là, se reflète ! 

 

L’impatience aussi nous mène et nous projette

Sur ce chemin de gloire et de péril mêlés ;

Nous voudrions voler tel un aigle, être ailés

Pour trouver ce miroir où demain se reflète !

 

Car elle est véridique, interprète parfaite

Du Père des humains, de son décret divin ;

Oui, nous nous y fions : La parole D’Odin

Son oracle, dit-on, fidèlement reflète.

 

11 – En chemin

 

Son oracle, dit-on, fidèlement reflète

Les desseins du grand dieu … Furtifs, à l’aveuglette,

Nous naviguons dans le brouillard … Qui nous y guette ?

Des margyrs (15) ! Nous vainquons ; Ah, loué soit Odin !

 

Qu’il fait froid, tout d’un coup ! Voici qu’une tempête

De neige, hors saison, dans un fjord nous arrête …

Ne serait-ce le but ? Nous débarquons sur cette

Côte … Une horde attaque … Et tôt fuit, par Odin !

 

Nous voilà dans sa grotte ! Et, la mine défaite,

Nous contemplons ce mur : À chacun, il projette

Ses secrets bien scellés … Maint y perdrait la tête,

Mais nous y résistons, par la grâce d’Odin !

 

Enfin, voici l’Oracle ! À l’entendre, on s’apprête,

Non sans avoir d’abord formulé la requête :

Ce rêve qui nous trouble, ah, qu’en soient l’interprète

Les paroles d’Odin !

 

12 – Terrassés

 

Les paroles d’Odin

Nous parviennent enfin, dans la grotte de glace ;

C’est un capiteux vin

Tant amer et si fort qu’Ivresse nous terrasse :

 

Nous ne comprenons rien

D’abord ; abasourdi, notre esprit se fracasse

Contre ces mots d’airain :

À croire que Mjöllnir (16) se lève et nous terrasse !

 

Quand notre tête, enfin,

Accepte le message et lui fait une place,

Notre cœur n’en revient ;

Car c’est lui maintenant que l’oracle terrasse.

 

Vraiment, que l’homme est vain

De croire tutoyer, sans risque, face à face,

Le mystère divin !

Le message est de plomb, et son poids nous terrasse !

 

13 – Le message

 

Le message est de plomb, et son poids nous terrasse ;

Cependant nous savons, c’est certain, qu’il ne ment.

Et par un don des dieux, très progressivement

Nous percevons son sens, malgré notre humble race.

 

C’est un vieux cauchemar où la raison trépasse,

Conte que l’on ouït dès tout petit enfant,

Mais qui, pour l’homme fait, n’est pas moins étouffant ;

Il surgit devant nous ; l’avenir de la race …

 

C’est un feu dévorant, qui, comme une paillasse

Embrase notre monde et bien d’autres aussi ;

Titanesques combats ! Mais dites-le moi, si

Chutent même les dieux, que fera notre race ?

 

Pourtant nous percevons, et grande est notre angoisse, 

Ce funeste tableau se former lentement.

L’image devient nette, et grand notre tourment :

Que vois-je ? Ragnarök (17) s’en vient sur notre race !

 

14 – Ragnarök

 

« Que vois-je ? Ragnarök (17) s’en vient sur notre race ;

En un terrible hiver où périt le soleil,

Les gens meurent de faim, ou d’un esprit vermeil

De sanglante folie obscurcissant leur face.

 

Fenrir (18), loup fabuleux, se libère et terrasse

Le plus puissant des dieux ; il ne reste vainqueur

Bien longtemps, car Vidar (19), d’une épée en plein cœur,

Aussitôt vient venger de son Père la face.

 

Quand Jörmungand (20) se dresse, hélas, telle est sa masse

Que la mer, débordant, se répand sur Midgard (8) ;

Ce qui reste hors des flots brûle si bien qu’Asgard (7)

Est suffoqué, de la fumée en pleine face !

 

Baldr (6), de Niflheim (4), revient pour prendre place

Sur le trône céleste ; un nouvel âge d’or ...

Cet oracle est certain ; la norne (21) ne s’endort.

Vous, tenez bon ! Car vous devez chercher la face ! »

 

15 – Chercher la face

 

« Vous, tenez bon ! Car vous devez chercher la face

De votre divin maître. Allez, avec audace,

Long sera le chemin, tortueux ; y trépasse 

Qui n’est élu divin. »

 

« Maîtresse, nul mortel ne sait par où l’on passe

Pour rencontrer les dieux ; et le gardien pourchasse

Qui trouve le passage, et quand il le fracasse,

Il le réduit à rien »

 

« Floue est ma vision ; c’est là quelle s’efface.

Cherchez, cherchez encor, que votre esprit ressasse

Mes paroles. Suivez le moindre indice ou trace

Indiquant le chemin.

 

Croyez en mes propos, pourtant ; ma vue est basse,

Mais le Destin qui parle est vraiment efficace,

Il saura vous guider, cherchant le très sagace,

Le visage d’Odin ! »

 

16 – La quête

 

« Le visage d’Odin

Tel sera votre quête ; elle est digne d’un mage,

Le nier serait vain ;

Vous persévèrerez, car tel est le présage !

 

Quelle en sera la fin,

Cela je ne l’ai vu, pas même en un mirage ;

Tel est un faux devin

Qui ne craint de broder tout autour du présage !

 

Car, avant le regain

Surviendra Ragnarök, temps de sang, temps de rage,

Temps ou périra maint

Homme, géant et dieu, nous le dit le présage ! »

 

« Cieux ! Comment un humain

Pourrait-il supporter ces mystères sans âge ?

Et ne périr soudain ?

Dieux, quel sombre destin ! Quel funeste présage ! »

 

Rotrouenge maîtresse – Présages

 

Dieux, quel sombre destin ! Quel funeste présage !

C’est un terrible rêve, effrayant le plus sage ;

Entends son cœur de jarl (1) s’emballer en sa cage !

Que veut nous dire Odin ?

 

Regarde la völva (2) ; vois donc comme elle hésite ! –

Toute terreur prend corps, grandit, puis nous habite …

Finirons-nous grillés, notre race, détruite ?

Terrifiant Odin !

 

Nous irons dans le Nord consulter son prophète,

Voir la Dame de Givre –Écrasante est la quête –

Son oracle, dit-on, fidèlement reflète

Les paroles d’Odin.

 

Le message est de plomb, et son poids nous terrasse :

« Que vois-je ? Ragnarök (3) s’en vient sur notre race.

Vous, tenez bon ! Car vous devez chercher la face,

Le visage d’Odin ! »

 

Stellamaris

(1) Niflheim (Prononcer « Niffeulhaim ») : le monde des morts

(2) Dame Hel, la déesse de la mort

(3) Baldr (Prononcer « Baldeur ») : fils d’Odin

(4) Jarl : Prononcer « yarl » ; l’équivalent, dans l’ancienne Scandinavie, d’un comte chez nous

(5) Asgard : Le monde des dieux

(6) Midgard : Le monde des hommes

(7) Ingun : La völva du clan

(8) Völva : Prêtresse – devineresse

(9) Valhall : Ou Walhalla, suivant les transcriptions. Prononcer « Val-Hôl », avec un « H » soufflé

(10) Langskip : Bateaux de guerre scandinave, improprement appelé « drakkar » (ce qui, en toute rigueur, ne s’applique qu’à la figure de proue)

(11) Scalde : Barde

(12) Ymir, le père des géants

(13) Yggdrasil, l’arbre-monde, qui pousse dans les neufs mondes

(14) Le Roi des Lofoten : Un terrible kraken, gardien du Maelström

(15) Margyr : Sirène scandinave

(16) Mjöllnir (Prononcer Myeulnir) : Le marteau de Thor

(17) Ragnarök : L’ultime combat, où périront la majorité des hommes et des dieux … Avant une nouvelle renaissance du monde …

(18) Fenrir : Loup, fils du dieu Loki et de la géante Angrboda, que les dieux avaient enchaîné par ruse le trouvant trop dangereux

(19) Vidar, un des fils d’Odin

(20) Jörmungand (Prononcer Yeurmungand) : Le serpent de mer, frère de Fenrir, qui ceinture Midgard, le monde des hommes, en se mordant la queue

(21) Norne : Elles sont trois, les gardiennes du destin

Partager cet article
Repost0
4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 15:19

Suite du jeu de rôles commencé il y a quinze jours, ici … Je suis toujours une sorcière de viking de quinze ans … Embarqués sur un navire, nous voyons surgir du brouillard une voile ennemie … Je rentre en transes et je déclame :

Combat naval / / Dans le brouillard épais, prudemment l’on navigue … / Quel présage le perce ? Une voile de sang ! / Un navire pirate ! Ô, Thor ! Qu’il est puissant ! / La guerre nous appelle ; entrons donc dans sa gigue ! / / Déjà, les guerriers-loups, sans peur et sans fatigue, / Entendent du combat rugir l’appel pressant ! / Dans le brouillard épais, prudemment l’on navigue ; / Quel présage le perce ? Une voile de sang ! / / Les runes me l’ont dit, ça sent à plein l’intrigue / De Frodi, roi félon … Ô, grand Odin, endigue / Ses ruses, ses complots ! Notre bras menaçant / / Saura bien contenir ce bâtard grimaçant ! / Dans le brouillard épais, prudemment l’on navigue ; / Quel présage le perce ? Une voile de sang ! / / Stellamaris

(Photographie : La tapisserie de Bayeux (détail)

(sonnettin)

Partager cet article
Repost0
15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 08:34

Jeu de rôles / / Devenir, pour quelques instants / – Comme le matin l’on se sape / Pour se déguiser, d’une cape – / Sorcière de quinze printemps, / Viking, en des temps inquiétants ; / Parente, en l’île de Fionie / D’un seigneur puissant – Qui le nie ? – : / Un soir de rêves entêtants ! / / Avec ses amis combattants / Partir traquer l’énorme bête, / Le sanglier, qui fonce tête / Basse, droit sur la lance ! Instants / Cruciaux ! L’on tient bon, constants / Et fiers, on l’attend, on l’achève, / Puis, le cœur fier, on se relève … / Un soir de rêves entêtants ! / / Surprendre, les cœurs palpitants, / De fiers sorciers ; puis, dans la neige, / Les suivre jusqu’au bourg. Quel piège / Tendent-ils ? Des runes, à temps, / Déjouer les dangers patents ; / Triomphants, sauver la princesse … / C’est ainsi que les héros naissent ! / Un soir de rêves entêtants ! / / Quand on se quitte, tout contents, / L’on prévoit, avec allégresse, / De poursuivre ; c’est la promesse / D’un soir de rêves entêtants ! / / Stellamaris

(Photographie : L'écran de jeu officiel du Jeu de Rôles "Yggdrasil" ; ce poème raconte une soirée passée à y jouer)

(Petite ballade)

Partager cet article
Repost0