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  • : Stellamaris. Poèmes et photographie
  • : Poésie classique et photographie, mis en résonance l'un avec l'autre - Edition
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  • Stellamaris
  • Poète et photographe, explorant tout particulièrement les résonances entre l'image et l'écrit
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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 21:47

Poème écrit à quatre main, avec mon amie Domi du blog Brise

Le crépuscule du cygne / / Je vois un cygne blanc faire frissonner l’onde / De son reflet léger dans le calme du jour ; / Je voudrais le rejoindre en cette paix profonde, / / Mais le chemin m’est clos ! Qu’est cette arrière-cour / Où je suis égaré ? C’est une triste impasse / Où noir est le brouillard, comme le cul d’un four ! / / Il glisse dans la brume, et toute cette grâce / Laisse mon cœur de marbre. Ô, Flamme, ô, Rêve ancien, / Êtes-vous à jamais devenus Vide, et Glace ? / / Et suis-je devenu plus rustre encor qu’un chien / Pour que tant de beauté ne réveille mon âme, / Que j’y reste insensible et ne ressente rien ? / / Ô, solitude ! En mon cœur, c'est un drame ! / Que sont-ils devenus, les sublimes transports / Que Nature éveillait en moi, mieux qu'une Dame ? / / Si fades sont mes jours, eux qui furent si forts ! / / Domi et Stellamaris

(Terza rima)

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 14:25

Cœur et raison / / Le cœur est excessif, souvent l’on s’en méfie : / De l’amour à la haine, étroit comme une main / Est le sentier ; l'on donne vie ; au lendemain / / L'on s'en repent, et pire ! Et la chorégraphie / / Ainsi se perpétue, et l’on s’en stupéfie / Souvent ... Pour l’arrêter et changer de chemin, / L’on se dit « réfléchis ! » Et c’est ainsi que maint / Se tourne vers Raison, voire, la déifie. / / Mais elle est sourde, aveugle, ignore la bonté / Autant que la malice, et ne sait que compter ... / Fol qui croit qu’elle voit le terme du voyage ! / / Quand on lui dit « va là », docile, elle obéit, / Nous montrant le chemin le plus court, le plus « sage » / Vers ce but ... « Quelques morts ? On dirait Pompéi ? / / Qu’est-ce donc ? Les vivants n’en auront plus l’usage ! » / / Souvent l’on craint le cœur, le sachant excessif ; / Pourtant, depuis que l’on vit de Raison le sacre, / C’est d’horreur en horreur, de massacre en massacre, / Qu’Histoire tourne en rond ! C’est par elle, inventif, / / Que l’homme optimisa le carnage massif ! / Sa sagesse qu’on loue est moins qu’un simulacre ; / La leçon est cruelle, et notre peine est âcre ! / Des millions de morts pèsent sur son passif ! / / Car l’être humain n’est qu’un ; si l’intellect et l’âme / Ne se brident l’un l’autre, aussitôt, l’un s’enflamme ; / Ils vont, main dans la main, vers les feux de l’enfer. / / Mais si les passions acceptent que les bride / Le cerveau, mais que lui, loin de faire le fier, / Reste un simple instrument qui ne se prend pour guide, / / Alors, le jour qui vient sera plus beau qu’hier ! / / Stellamaris

(Illustration : "La descente du Christ aux limbes", de Jérôme Bosch (détail))

(Double sonnet quinzain)

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 12:14

Au bord du gouffre / / Au bord du gouffre noir, là, le printemps jaillit ; / La sombre exhalaison, la légende maudite / De l’abîme hanté, cela ne le dépite ! / Non, même là, la Vie oncques n’aura failli ; / / Les pleurs des revenants, les sombres maléfices / Dont la reine Dahud est, ici, le bailli, / N’ont point découragé ces sublimes prémices ! / / La Vie est comme un roc, et rien ne la détruit ; / Le Mal peut prospérer ; ses malheurs, qu’il nous crache / À la face, sans fin, c’est en vain qu’il les gâche ; / Ce n’est que vent, ce n’est qu’écume et que vain bruit ! / / Car le souffle divin jamais ne peut s’éteindre ; / La graine semble morte ? Eh bien ! Voilà, bravache, / Qu’une pousse en jaillit ! Contemple-la donc poindre ! / / Stellamaris

(Photographie : Au bord du gouffre d'Ahès en forêt de Huelgoat)

(Sonnet alterné)

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 10:58

Premiers bourgeons / / Tandis que les bourgeons éclosent, / Paix et joie en mon cœur se posent, / Naissant d’un unique regard ... / / Voyez ! La vie est revenue ! / Admirez donc avec quel art / Tout simplement, sans aucun fard, / Elle offre aux yeux la beauté nue ! / / Quelle merveille ! C’est de l’or / Pur. Qui pleurerait sur son sort / Encor, n’aurait plus sa raison ! / / Même pour ma tête chenue, / Après la mauvaise saison, / Voici qu'un nouvel horizon / S’ouvre par-delà toute nue ! / / Stellamaris

(Photographie : à Brest, hier)

(Sonnet alterné à rebours)

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 23:29

Un froid intense / / Un froid intense a congelé mon âme. / Au fond de moi, la question fusa : / Comment peut-on devenir tant infâme / Et se vanter des morts que l’on causa ? / / Un froid intense a congelé mon âme / Et mon esprit, mon cœur et ma raison ; / Voir ces enfants, Dieu, quel terrible drame, / Ainsi fauchés, tout comme du gazon ! / Homme, dis-moi, quelle est donc cette lame / Qui brisa ton humanité ? Voici / Qu’elle est éteinte en toi, sa belle flamme, / Si, sans frémir, tu pus agir ainsi. / / Un froid intense a congelé ton âme / Et tu mourus, sais-tu, cette saison / Où tu brandis l’odieuse oriflamme / De la vengeance ... horrible exhalaison ! / / Ce froid intense a congelé ton âme / Et se répand, sinistre influenza / À tous ceux qui voient ce mal qui se clame ... / Mais en hiver fleurit le mimosa ! / / Stellamaris(mouwachah)

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 22:20

Bienheureuse folie / / Bienheureuse folie, / Mon unique raison, / Toi, ma muse jolie, / Mon âme, ma maison, / / Je t’invite sans peur, / Car c’est toi mon bonheur, / C’est en toi qu’est ma joie ! / / Par toi je peux chanter, / Plus jamais je ne broie / Du noir ; Je suis hanté, / Un peuple se déploie / / En moi : korrig, lutin, / Fée aux ailes satin ... / Et, sans peur, je m’y noie ! / / Stellamaris

(Illustration : "La fée Iris", tableau de John Atkinson Grimshaw)

(Sonnet alterné)

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 22:26

La muse et le naufrage / / Le temps s’avance lentement, / À grands pas lents, la tête basse ; / Nul jour de l’autre ne dépasse, / Nul n’attend plus d’avènement ; / / La monotonie est tourment, / La muse se tait, plus ne passe ; / Que son silence me tracasse, / Que solitaire est son amant ! / / Je me force et reprends ma plume / Pour lui dire combien je fume / Et bous, de rester esseulé ; / / A-t-elle redouté ma rage ? / Car la voici, dans mon naufrage ! / Ah, que plus tôt n’ai-je appelé ! / / Stellamaris

(Photographie : Trois muses, Musée du Louvre)

(Sonnet marotique)

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 13:20

Sourire / / Sourire est un soleil au milieu de la nuit / Qui sauve l’égaré perdu dans la tourmente ; / Si l’âme était un arbre, il en serait le fruit ; / Au cœur du Sahara, sa pluie est abondante ! / / Sourire vrai, ce don du cœur, est précieux ; / Du mépris, du dédain ? Aussitôt il s’efface, / Ou s’il reste parfois, il devient odieux, / Plus dur que du métal, plus froid que de la glace ... / Fuyez-le, craignez-le, cet atroce rictus / Qui ravage parfois un visage sans grâce, / Enjôleur et sournois ; menteur tel le laïus / D’un Don Juan, si séduisant, mais si rapace ! / / Sourire pleure alors, et gémit, sans un bruit ; / C’est sa douleur, que sous son masque, ainsi l’on mente ! / Car il est doux et de plein gré jamais ne nuit, / Et cette forfaiture en son âme le hante. / / Sourire, viens ! Toi, mon ami, pur don des dieux / Reste avec moi ! Tu briseras ma carapace. / Je t’établis à tout jamais maître des lieux ; / Triste ou joyeux, tu règneras là, sur ma face ! / / Stellamaris

(Photographie : moi-même)

(Mouwachah - Forme poétique d'origine arabe, adaptée à la langue français par Flormed du site Poésis, ici)

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26 février 2012 7 26 /02 /février /2012 11:42

Couette de brume / / Brest est sous sa couette de brume / Et tout dort encor dans la maison ; / Mon cygne revient, ma déraison / S’éveille, et son doux brouillard m’enfume ! / / Tout d’abord, lent, / J’entends son chant / Quand je m’éveille ; / / J’en deviens fol ! / Adieu, tout dol, / Quelle merveille ! / / Oui, quel bonheur ! Lâcher prise enfin, / Prendre ma plume et qu’elle s’envole / Coure, enfin libre, et qu’elle m’enjôle, / Me rassasie et comble ma faim ! / / Stellamaris

(Photographie : Brume sur le port du Château, à Brest)

(Sonnet polaire, variante sur deux mètres)

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 11:24

Clin d’œil / / Le soleil luit sur les palmiers / Et sur les arbres dévêtus. / « Balais de sorcières, soyez, / Nus, maigrelets, tels des fétus ! » / / Leur dit Hiver, en sa colère ... / Mais l’arbre du Sud lui, résiste ; / Il lève haut sa tête altière, / Et vois : Son feuillage persiste ! / / Et quand Phébus enfin renaît, / Bénissant la ville et la rade, / Il lui sourit, le reconnaît, / Et, joyeux, lui lance une œillade ! / / Stellamaris

(Photographie : De ma fenêtre)

(Trivers)

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