Etincelles de soleil
Odeurs magnifiées
Occupée à feuilleter son regard
Son regard insaisissable comme l’air
Comme l’air de me dire qu’il me fuit peut-être
Peut-être aussi comme s’il ne m’aimait pas
S’il ne m’aimait pas, je l’aurais vu à son regard
Son regard qui encore ce matin me donnait son plus beau sourire
Beau sourire plein de dents, sa gueule à la moue amusée
Moue amusée qui s’est vite finie sur ma joue embrasée
Joue embrasée apportant son lot de baisers
De baisers, de peaux rivées et de mots amoureux
Maux amoureux qui furent ainsi tout d’un coup apaisés
Cou apaisé aussi par son bec encore de moi insatiable
Illustration de Martin Trystram
Ceci est une anadiplose. Mot savant pour décrire un exercice tout simple auquel on joue tous depuis tout petits, Marabout-bout de ficelle-selle de cheval... il s'agit d'un poème dont chaque vers commence par la dernière syllabe du vers précédent. L'idée m'a été donnée par Moun du blog poesia, qui l'a elle-même prise chez Clo du blog litterrances. Merci à toutes les deux
Lumière éblouissante et nuée transpercée
C'est l'espoir qui frémit, le temps est suspendu
Dure pourtant l'attente, puis quand la foudre claque
Claquent aussi les huis aux volets mal fermés
Ferme est pourtant mon coeur et mon âme tient bon
Bon sang dit le proverbe après la pluie, beau temps
Tant qu'il y a la vie tout peut s'améliorer
Résiste donc encore et attends l'éclaircie
Scie donc aussi du bois pour ton huis réparer
Résistant il sera pour de longues années
Nés seront tes enfants – et les leurs le seront
Rondement tu finis, et l'affaire est bouclée
Orage
Nébuleuses vapeurs par lueur transpercée,
Espérance ou tourment, le temps est suspendu.
Flots d'un calme absolu. Vers quel inattendu
Penchera le destin, vers quelle traversée ?
Déjà l'averse vient, repousse la percée.
Ce subtil équilibre est un arc surtendu.
Le silence inouï par l'orage est fendu,
La surface des eaux en est bouleversée.
Une accalmie étrange avec l'ondée advient,
Plus de bruit, de fracas, la foudre aussi s'est tue.
Par un léger brouillard la mer est revêtue.
C'est ainsi dans ma vie, après moultes épreuves,
Quand tout paraît perdu la paix bientôt revient.
Le chemin parcouru m'emplit de forces neuves.
Quand le jour est trop chaud, le ciel pesant et lourd
Que le stress du travail te distrait de ton âme
Que le vent de l'urgent souffle presque ta flamme
Que du matin au soir tu te traînas, balourd
Que la soirée venue l'image en fureur
Eloigne le silence et la paix recherchée
Encore tu ne peux, la pression relâchée
Plonger assez profond pour retrouver ton coeur
Mais enfin vient minuit, et silence et fraîcheur
Tu lis quelques beaux vers, tes entrailles dégèlent
Enfin l'inspiration, tes émotions l'appellent
Tu captures les mots, tel un adroit pêcheur
Apprêtes le ragoût, les sers en fricassée
Te voici rassasié, toute peine est chassée