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  • : Stellamaris. Poèmes et photographie
  • : Poésie classique et photographie, mis en résonance l'un avec l'autre - Edition
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  • Stellamaris
  • Poète et photographe, explorant tout particulièrement les résonances entre l'image et l'écrit
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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 10:01
Dans la série des "Rencontres en Huelgoat", j'ai vu cet inquiétant visage se dessiner sur l'étang partiellement pris par la glace, au couché du soleil ...

Lavandière de la nuit / / Quel est cet être au visage de sang ? / Et son voilage est fait de glace dure ! / Mais quelle est donc cette triste figure / Dont j’aperçus le masque grimaçant ? / / Argent ! Ta source était ce bel étang, / Mais il l’a pris ! Ton onde, qui fut pure / Est désormais sa vile vomissure ; / La fée a fuit, dans son pays d’antan ! / / Quel est cet être au visage de sang ? / / Est-ce, payant pour son crime glaçant, / – L’infanticide, en son âme est brûlure – / La lavandière hantant la nuit obscure / Interpellant les vifs en grimaçant ? / / Quel est cet être au visage de sang ? / / Elle t’appelle, implorant, insistant : / « Viens donc m’aider à laver la souillure / Tachant ce drap », fuis-donc ! Elle est parjure ! / C’est ton linceul, qu’elle essore à l'instant ! / / Tel est cet être au visage de sang ! / / Mais un cœur pur, un parfait innocent / Peut l’affronter, sans craindre la morsure / De l’enfer froid. Il doit, d’une main sûre / Tordre le linge à l’envers, la vexant. / / Tel est cet être au visage de sang : / / Tu l’as fait fuir ! Maudissant, t’insultant, / Il disparaît ! N’est-ce de bon augure ? / Regarde bien, où fut la créature, / Que de joyaux ! Prends-les donc, en chantant ! / / Tel est cet être au visage de sang ! / / Stellamaris
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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 00:14
Une fois n'est pas coutume, je vais faire un peu de pub. pour un film qui m'a séduit, on y trouve des moments de poésie intense ... Il s'agît de "La princesse et la grenouille". Mais le personnage qui m'a le plus touché est un personnage secondaire : c'est une luciole, un ver luisant ...

Un ver amoureux / / C’est l’histoire d’un ver luisant / Amoureux fou de son étoile … / Oh, direz-vous, « Que c’est plaisant ! / Ce doit-être vraiment pesant, / Quand, le soir, votre chant grisant / Ne lui semble assez séduisant / Pour vous répondre ? C’est usant ? » / Pourtant, mon cœur hisse sa voile … / / « Elle m’écoute, médisant ! / Je sens bien que chacun se poile, / Taisez ce rire méprisant ! / Car c’est son éclat bienfaisant, / Et son doux silence, apaisant, / Qu’elle me retourne en présent ! » / C’est l’histoire d’un ver luisant / Amoureux fou de son étoile … / / Son appui sera suffisant / Pour que je sois fort comme un squale ! / Par sa grâce, c’est en fusant / Que j’attaque cet imposant / Fantôme, noir, vil, écrasant ! / Sus à cet être malfaisant ! / C’est l’histoire d’un ver luisant / Amoureux fou de son étoile … / / J’ai vaincu, mais, agonisant, / Je sens mon regard qui se voile… / Tandis que mon corps est gisant, / Moi, je m'envole … Un ver luisant / A pu rejoindre son étoile ! / / Stellamaris

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 23:32
Ce village se nomme Argol (Ar goll = "La perte" en breton) en mémoire de la chute de la ville d'Ys ...

Complainte sur la chute de la ville d’Ys / / Ô, terrible perte … Ar goll … / Toujours, la douleur affleure ; / Quinze siècles que je pleure, / Car qui connut pire dol ? / / Toujours la peine demeure ! / Le plus capiteux alcool, / Pour la noyer, n’est qu’un leurre ; / Ô, terrible perte … Ar goll ! / / Ô, terrible perte … Ar goll … / Toujours, la douleur affleure, / Quinze siècles que je pleure, / Car qui connut pire dol ? / / Dans une vie antérieure, / Ys, que, de toi, j’étais fol ! / Mais tu ne duras qu’une heure, / Ô, terrible perte … Ar goll ! / / Ô, terrible perte … Ar goll … / Toujours, la douleur affleure, / Quinze siècles que je pleure, / Car qui connut pire dol ? / / De deuil, je tremble et m’apeure … / Je nommai ce bourg « Argol » / Pour ce grand mal qui m’écœure ! / Ô, terrible perte … Ar goll ! / / Ô, terrible perte … Ar goll … / Toujours, la douleur affleure, / Quinze siècles que je pleure, / Car qui connut pire dol ? / / Stellamaris
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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 00:32

Le morgan aux cheveux roux / / L’homme aux cheveux roux traversa le pré : / À Kéréon, son champ de laminaires. / Quand ses humeurs se faisaient sanguinaires, / Plus d’un marin qui passait l’empourprait. / / Perché sur sa nageoire de sirène / Sur une vague, il était à l’affut ; / Car il guettait tout vaisseau, quel qu’il fut. / S’il le coulait, quel cadeau pour sa reine ! / / Comme il savait embrouiller les esprits ! / Il imitait une corne de brume / Plus d’un pilote, au cerveau qui s’enrhume / S’est fait avoir, et bientôt il fut pris. / / L’homme aux cheveux roux traversa le pré : / À Kéréon, son champ de laminaires. / Quand ses humeurs se faisaient sanguinaires, / Plus d’un marin qui passait l’empourprait. / / Oh, jamais nul ne survit quand il chante : / C’est en sa voix que se tient son pouvoir. / Quand il se tait, parfois on peut le voir / Et revenir, sans qu’il ne nous enchante. / / Gwen C’haradoc, devenu pis que sourd / Quand un boulet menaça de l’étendre / Ne risquait pas – Certes non ! – de l’entendre ; / Et c'est pourquoi ses jours n'ont tourné court. / / L’homme aux cheveux roux traversa le pré : / À Kéréon, son champ de laminaires. / Quand ses humeurs se faisaient sanguinaires, / Plus d’un marin qui passait l’empourprait. / / Gwen ne l’ouït, et sa sorcellerie / Ne put lui nuire, il garda l’esprit clair. / Il eut besoin, certes, de peu de flair / Pour deviner sa vile fourberie. / / Il ordonna : « Sonnez le branle-bas ! / Mes compagnons, ne craignez ce bellâtre ; / Nous le vaincrons, si nous devons nous battre ! / J’ai traversé plus périlleux combats ! » / / L’homme aux cheveux roux traversa le pré : / À Kéréon, un champ de laminaires. / Quand ses humeurs se faisaient sanguinaires, / Plus d’un marin qui passait l’empourprait. / / « Viens m’affronter, vieux fripon, si tu l’ose ! / Vois mon harpon. Tu pourrais le tâter ! » / Voyant Morgan, vif, se carapater, / Le capitaine dit : « L’affaire est close » ! / / Stellamaris

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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 23:20
Âmes tourmentées / / Vous, âmes tourmentées / Qui hantez ce château ; / Frémissant sous l’étau, / Sur ses tours édentées, / De douleurs diamantées ; / / Vous, âmes tourmentées / Qui hantez ce château ; / Sinistres ex-voto, / Vous tordez, hébétées, / Vos branches enkystées. / / Vous, âmes tourmentées / Qui hantez ce château, / Quel triste concerto, / Vos plaintes révoltées, / De larmes injectées ! / / Vous, âmes tourmentées / Qui hantez ce château … / / Stellamaris
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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 22:40
Les marais du Yeun Ellez, près du Youdig, en plein coeur de la lande, sont une des portes de l'Enfer ; ce n'est pas l'Enfer brûlant des Chrétiens, mais "An Ifern Yern", l'Enfer Froid. Quiconque s'y aventure en plein hiver, le comprend ... Mais, sous une apparence modeste – ce moineau –, on y rencontre parfois un ange qui vous redonne espoir ...

 Au milieu de l'enfer froid / / Au milieu de l'enfer froid, / Cet ange de lumière / Dans la noire tourbière / Nous préserve de l'effroi. / / Entendant la prière / Du voyageur maladroit / Enlisé dans l'ornière / Au milieu de l'enfer froid, / / Craignant l'heure dernière / Qui rode en ce triste endroit ; / Il arrive comme un roi ! / Cet ange de lumière / / Discret – Pas de palefroi, / D'étendard, de bannière ; / Plumes couleur de l'endroit – / Cet ange de lumière, / / Quand un souffle de noroît, / Transformant en glacière / La moindre fondrière / Au milieu de l'enfer froid / / Veut nous changer en pierre, / Donne à notre âme un surcroît / De force : « Renaît, fière, / Au milieu de l'enfer froid ! » / / Quelle ardeur printanière ! / Et comme il est adroit / Pour chasser tout désarroi, / Cet ange de lumière ! / / Stellamaris
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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 22:47
Cette église imposante se trouve dans un hameau en plein bois, a peu de distance de Huelgoat ...

 La légende de la chapelle Saint Herbot / / Est-ce un palais de rois ? / / Cette église est bien grande / Pour un hameau. Tu vois ? / Dans ces monts, cette lande, / Au milieu de ces bois, / Que la neige s'étende, / / Il se peut qu'on entende / Hurler deux loups ou trois ! / / Qui donc put, comme offrande, / La payer, autrefois ? / Certes pas la prébende / De ces humbles octrois / Où la bouche gourmande / A gibier qui faisande / Comme seul mets de choix ! / / Est-ce un palais de rois ? / / Est-ce un conte qu'on scande ? / En ce siècle où l'Anglois / Se regroupait en bande / Pour piller les bourgeois ; / Celui qui les commande, / Sans crainte qu'on le pende / Renversa ses beffrois, / / Rasés en plate-bande / Pour un butin de poids / Qui, le sais-tu, transcende / Les appétits étroits / Surs lesquels on marchande : / Arthur, roi de légende, / Gisant là, sous la croix ! / / Est-ce un palais de rois ? / / Stellamaris
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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 20:01
Bal d'hiver / / C'est un bonheur sans égal / De contempler ce cortège : / Carnaval, / Une fée ouvre le bal / Malgré l'hiver et la neige ! / / J'entends d'abord un arpège / Que joue un fifre ancestral, / Amical / Sur un air de madrigal / Malgré l'hiver et la neige. / / Le petit peuple s'agrège / « Venons donc au récital, / Quel régal ! / Une fée ouvre le bal, / Et notre peine s'allège / / Car, grâce à son sortilège, / Notre coeur est estival, / Triomphal ! / Courrons vite au festival, / Malgré l'hiver et la neige ! » / / Les voir est un privilège ; / Croyez-moi, c'est un régal / Pas banal : / Une fée ouvre le bal / Malgré l'hiver et la neige ! / / Stellamaris
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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 22:59
Au camp d'Artus / / Quand un éclair zébra le ciel noir, si noir, / Lui qui s'usait en vain les yeux sur le faite / De son rempart, d'un coup d'œil il put les voir : / L'armée immense, et sûre de sa défaite. / / Il appela Merlin, le grand enchanteur ; / Celui-ci dit : Ne crains donc pas pour ton règne ! / Car c'est la fin de ce vil dévastateur, / Il ne tiendra, pas plus qu'une musaraigne, / / Devant celui que tu sers, ô, roi Arthur ! / Crois-tu vraiment que ce si terrible orage / Soit naturel ? Non ! Tu peux en être sûr / C'est Toutatis, planifiant leur naufrage ! / / Vois donc : leur camp est aux rives de l'Argent ; / Cette rivière, apparemment si paisible / Est pour les dieux un auxiliaire obligeant ; / Il peut trembler, celui qu'il a prit pour cible, / / Car dans sa crue, il est vraiment invincible ! / Le roi sourit, délivré de toute peur. / Demain : la fin de son ennemi terrible ; / Rien ne pourrait entacher sa bonne humeur / / Stellamaris

Photographie : Le camp d'Artus en forêt de Huelgoat (le talus, sur la gauche de la photo, est ce qui reste du rempart)
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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 22:18
En bancs de brume / / En denses bancs de brume, anaons / Nous vous voyons. / Vos sanglots longs remplissent la lande / Quand vous dansez votre sarabande, / Au son de funèbres violons / / Vous n'espérez d'absolutions, / Ni de pardons. / Quand, morts sans noms, vous errez en bande, / En denses bancs de brume, anaons / Nous vous voyons. / / L'Ankou vous mène, et vous, ses moutons, / Vils histrions, / Tristes bouffons, dès qu'il vous demande / De nous hanter, notre peur est grande ; / Car il ricane: « A bientôt, mignons ! » / / En denses bancs de brume, anaons / Nous vous voyons. / Vos sanglots longs remplissent la lande / Quand vous dansez votre sarabande, / Au son de funèbres violons / / Stellamaris
Les anaons sont les âmes des défunts. L'Ankou, leur berger, serviteur de la Mort ...
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