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  • : Stellamaris. Poèmes et photographie
  • : Poésie classique et photographie, mis en résonance l'un avec l'autre - Edition
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  • Stellamaris
  • Poète et photographe, explorant tout particulièrement les résonances entre l'image et l'écrit
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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 00:02

L'Être et le Néant 30 - Dialogue / / Le Néant / / La raison ? Je rigole ! En son nom, tant de crimes / Ont été perpétrés, sans l’ombre d’un remords ! / Depuis Machiavel, l’on put voir tant de morts / Sans oraison, sacrifiés, pauvres victimes, / / Sur ses autels... “Boutons ces obstacles infimes / Hors de notre chemin, sauvegarder le corps / De la nation vaut plus que ces quelques torts / Que nous devons causer !” / / L’Être / / ...........................Oui, c’est ce que nous fîmes... / / Le Néant / / Elle est aveugle et sourde et ne sait que compter, / Mais ne connaît les fins, et peut vous orienter / Vers moi, sans sourciller, si tu ne tiens ses rênes ! / / Je ne suis à ses yeux qu’une solution / Parmi d’autres, et tant ! Une simple option ! / / L’Être / / Ah, comment échapper à tes ignobles chaînes ? / / Stellamaris

(Illustration : Statue de Machiavel par Lorenzo Bartolini, Musée des Offices à Florence)

(Sonnet marotique)

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 12:20

L'Être et le Néant 29 - L'Être, suite / / Quelle est cette lueur ? Serait-ce la Raison ? / Elle sait réfréner ce fol enthousiasme / Par lequel je m’égare, attirant ton sarcasme, / Quand je fonce sans plus réfléchir qu’un oison / / Vers tel but illusoire – Il en est à foison – / Qui devient ma lubie et mon ardent fantasme, / M’intoxiquant, à chaque fois, de son miasme / Fatal et virulent tout autant qu’un poison ! / / Qu’elle soit la Lumière illuminant ma route, / Que je suive sans crainte et sans l’ombre d’un doute, / Je lui remets ma vie, et mon cœur, et ma foi ! / / C’est Elle que je prends, ce jour, comme Déesse ; / Je suis son serviteur, son prêtre, je professe / Que je suivrai, dès lors, ses règles et sa Loi ! / / Stellamaris

(Illustration : Procession à la Déesse Raison, durant la Révolution Française)

(Sonnets et beaux vers)

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 11:34

Je poursuis ma série d'adaptations à la versification française de poèmes d'Edgar Allan Poe, avec, cette fois-ci, un poème plus bref, "Hymn"

Cantique / Poème d’Edgar Allan Poe adapté à la versification française par Stellamaris / / Au matin – Au zénith – Au crépuscule étique, / Marie ! Ô toi, qui sus entendre mon cantique ! / Vienne joie ou malheur, bien ou mal sans recours, / Mère de Dieu, à mes côtés reste toujours ! / Les Heures ont brillé dans leur vol plein de grâce, / Il n’était de nuage obscurcissant l’espace ; / Pour que mon âme point ne néglige ta loi, / Ta grâce m’a guidé vers les tiens et vers toi ; / Ce jour où le destin se fait sombre tempête / Obscurcissant présent et passé d’une traite, / Accorde à mon futur de briller sans liens, / Grâce à tes doux espoirs tout comme à ceux des tiens !

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 20:33

L'Être et le Néant 28 - L’Être, suite / / Néant, que je te hais, qui t’infiltres partout ! / Pour qui veut t'échapper, où sont donc les abris ? / Nous sommes devant toi pareils à des souris / Tentant de se sauver, mais qui n’ont nul atout / / Pour ne finir bientôt sous la dent du matou / Qui raille leurs espoirs ! Que cruels sont ses ris / Miaulés, surpassant de loin nos pauvres cris ! / Oh oui, pour t’éviter, je fuirais n’importe où ; / / Je t’y retrouverais, me devançant encore ! / Mais, comme un souvenir que l’on se remémore / / Avec difficulté, j’entrevois un chemin / / Qui me semble plus sûr... Dieu, que je ne m’égare ! / Est-ce au loin ? Est-ce en moi que je vois comme un phare / Qui luit ? Je l’atteins presque en étendant la main ! / / Stellamaris

(Illustration : Estampe du 18ème siècle)

(Sonnet marotique)

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 14:31

Splendeur des nénuphars / / Splendeur des nénuphars / Sur la mare croupie, / Unissant tous les arts, / C’est faire une œuvre pie / Que de vous célébrer ! / Vous me faites vibrer ! / Ainsi, de l’ordinaire / Des jours, qu’on ne vénère, / Qu’éclosent, de mes mots / Par ma muse enchantés, / Tant et tant de beautés / Qu’on croirait des émaux / Resplendissant sans faille / Où règne la grisaille ! / / Stellamaris

(Illustration : Dans le jardin de Claude Monnet à Giverny)

(Strophe onéguine)

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 21:37

Après "Le Corbeau" et "Seul", je vous soumets une autre tentative, en hommage à cet immense auteur, de transposer en langue française d'un de ses poèmes, "Lenore", comme il aurait pu le faire, avec la même rigueur formelle que l'original en langue anglaise, s'il avait voulu l'écrire en français ; ce n'est donc bien évidemment pas une traduction mot à mot, mais j'ai toutefois essayé de rester aussi proche de l'original que possible.

Lenore / Poème d'Edgar Allan Poe adapté à la versification française par Stellamaris / / Le bol d’or est brisé ! L'esprit Vole à jamais ! / Sonne, glas ! Une sainte âme au Styx, désormais ! / Et, Guy de Vere, as-tu l’œil sec ? Tes pleurs arbore, / Ou jamais plus ! Car vois, ci-gît ton cœur, Lenore ! / Viens ! Le rite soit lu, les complaintes – lento – / Soient hymne pour la Reine, hélas, morte si tôt ; / Elle, morte deux fois d’être morte si tôt. / / Vous aimez sa santé, sa fierté vous écœure, / Cruels ! L’ayant bénie en sa fin – Qu’elle meure ! –, / Comment le requiem peut-il être chanté / Par vous, aux yeux mauvais, au verbe frelaté ? / L’innocence mourut par vous en son été ! / / Peccavimus, mais sois plus calme ! Et qu’un cantique / Solennel soit, pour cette morte, un viatique ! / Lenore nous précède, Espoir à son coté ; / Tu restes fou pour cet enfant, félicité / À toi promise ! Et noble, elle gît, adorable : / Vivent ses cheveux d’or, mais non pas ses beaux yeux ; / Si ses cheveux vivent encor, morts sont ses yeux. / / Partez ! Ce soir, mon cœur léger ne veut complainte ! / Elle vole avec l’ange, et ma louange tinte ! / Et nul glas n’ôtera la sainte joie au cœur / Survolant, de très haut, la terre de noirceur ; / Amis d’en bas, d’en haut, déchirent le fantôme / Entre enfer et hauteurs du glorieux Royaume ; / Entre pleurs et douleurs, et le Roi du Royaume.

(Illustration : L'ange Raphael en vol, extrait d'une fresque d'Eustache Le Sueur)

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 15:06

Comment croire aux amours ? / / Comment croire aux amours quand les siennes sont mortes ? / Quand, d’avoir tout donné, le cœur sec et vidé, / Tremblant devant la femme est, las, barricadé / Et craint de se lancer, tant ses terreurs sont fortes, / / Dans une autre aventure ; il referme les portes / Dès que l’une s’entrouvre ! En ayant éludé / Son amertume, il s’est pourtant persuadé / Qu’il a vaincu, de ce passé fou, les cohortes ! / / Mais qu’advienne un mariage et qu’un couple nouveau / Nage dans le bonheur, comment y croire encore ? / L’esprit se réjouit et veut crier « Bravo ! » / / Mais la gorge se serre et la peur édulcore / La joie : Hélas ! Une autre alliance au caveau ? / Si nombreux sont les maux que relâcha Pandore ! / / Stellamaris

(Illustration : Gravure du XIXème siècle)

(Sonnet pétrarquien)

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 08:15

Dieu des fous / / Seigneur des vraiment fous, des savants, des poètes, / Viens à moi, je t’implore, en tes feux bénis-moi ! / L’homme est sans toi zombie ; insensible à l'émoi / Il en meurt congelé... Croient-ils garder leurs têtes, / / Ces comptables des jours, ces ordinateurs bêtes / Qui fuient devant ta face ? Ô Dieu, que ton effroi / Leur fasse voir : Le roi – Le seul ! – C’est toi ! / Mais moi, pauvre de moi, que je sois de tes fêtes ! / / Dilate tous mes sens, afin que les couleurs, / Les odeurs et les sons, lumineuses vapeurs / Illuminent mes yeux de leur danse sacrée, / / Que j’entre dans la ronde et je danse avec eux / – Une ronde endiablée et non un pas de deux ! – / Et que mon âme en soit, tout comme eux, bigarrée ! / / Que je me liquéfie / Devant tant de splendeurs, de prodiges variés / Consumant mon cerveau puis mon cœur avariés ; / / Car en toi je me fie / Pour mieux les reconstruire en un désordre étrange / Qui saura te chanter. Je deviendrai ton ange ! / / Stellamaris

(Illustration : "Nuit étoilée", de Vincent Van Gogh)

(Sonnet caudé)

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 19:08

Chronos / / Il n’importe qu’on beugle / Ou qu’on soit résigné ; / Le temps s’avance, aveugle, / Et nul n’est épargné ; / Si fuir à tire-d’aile / Ne sauve l’hirondelle, / Qu’en sera-t-il de nous / Qui rampons à genoux ? / Mais, quoique tous connaissent / Cette commune loi, / N’en ayez pas d’effroi, / Car d’autres êtres naissent ! / Construisons le futur, / Qu’il soit, pour eux, plus pur ! / / Stellamaris

(Photographie : Le Gros Horloge à Rouen)

(Strophe onéguine)

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 22:08

L'Être et le Néant 27 - L’Être, cinq ans plus tard (pour lui-même, en robe safran) / / Hare Krishna hare hare hare Krishna ... / Je répète ces mots, n’y trouve que du vide ! / Quand, je suis arrivé, dieux, que j’étais candide, / Que tout me semblait beau, j’étais au Nirvana, / / Et pour un peu, j’aurais crié mon Hosanna ! / Vénérant le gourou, je me disais « Quel guide ! » / Mais ce n’est qu’un humain, et ma face est livide / À force de douter ... Son aura, son mana / / Qui m’avaient éblouis quand j’étais un novice, / N’étaient qu’une façade, et par-dessous, du vice, / Comme tout un chacun, certe il n’en manque pas ! / / Oui, même le plus saint, pour peu qu’on le regarde / De près, un jour ou l’autre aura baissé sa garde ; / C’est un roi nu ! Le suivre ? Aller droit au trépas ! / / Stellamaris

(Illustration : Pochette d'un CD de méditation de la secte Hare Krishna)

(Sonnet marotique)

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