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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 00:11

http://img66.xooimage.com/files/f/c/f/chemin-de-nuit-2f73803.jpg

Chemin de nuit – Couronne de sonnets irréguliers

 

Sonnet maître – Nuit de contrastes

 

Ô, nuit que j’aime tant, univers de contrastes !

De l’humaine nature, incroyable reflet ;

Toi qui sublimes tout, tant le beau que le laid,

Qui saurait te chanter ? Tes charmes sont si vastes !

 

Certes, l’on voit parfois d’innommables méfaits

Commis sous ton couvert, et plus d’un, alors, pleure ;

Âpre est le désespoir au sombre de cette heure,

Ne vit-on sous son joug ployer des hommes faits ?

 

Regarde Séléné, déesse du silence,

L’on peut y retrouver son homme intérieur ;

L’on renaît avec lui, quand avec lui, l’on danse !

 

Quand s’ouvre devant soi le chemin de son cœur,

Le meilleur, de chacun, jaillit ; sublime chance,

L’amour éclôt souvent. Est-il plus belle fleur ?

 

1 - Univers de contrastes

 

Ô, nuit que j’aime tant, univers de contrastes !

La méditation des hommes les plus saints,

Ainsi que, tout autant, les ténébreux desseins

Des corbeaux de malheur aux actions néfastes

 

Résident en ton sein … Où porter mon regard ?

Pleurerai-je le mal et la douleur terrible

Transperçant la victime ? Y rester insensible

Serait être complice, en l’ombre, du poignard !

 

Je veux louer aussi les nombreuses merveilles

Que nul n’ose chanter car « Le mal s’y complait »,

Croit-on ! Pourtant le vrai se cache au creux des veilles,

 

Tout autant ! Admirez cet éternel ballet

D’or et d’obscur mêlés, et de splendeurs vermeilles :

De l’humaine nature, incroyable reflet !

 

2 – Humaine nature

 

De l’humaine nature, incroyable reflet :

Rien n’est noir, rien n’est blanc, quoique l’on puisse croire,

Mais argent scintillant comme un voile de moire

Aux rayons de la lune, ou bien d’un feu follet …

 

Oui, l’homme est bien ainsi, qui naquit de la nue

Et de la terre, cuite au foyer souterrain 

Où, croit-on, les enfers ont leurs forges d’airain …

Il n’est ange ou démon, de sa race ingénue

 

Peuvent naître le pire autant que le meilleur,

La dague qui se plante en plein cœur d’une fleur

Ou la main qui caresse et soigne avec tendresse …

 

Ô nuit de vérité, montre nous ce qu’elle est,

Notre engeance ambiguë, aimante et brute épaisse,

Toi qui sublimes tout, tant le beau que le laid !

 

3 – Décor d’Opéra

 

Toi qui sublimes tout, tant le beau que le laid,

Ouvre mes pauvres yeux afin que je contemple

Ta beauté sans pareille et ton merveilleux temple,

Ce décor d’opéra, dressé pour le ballet 

 

De l’Homme et de la Femme ; éternelle est la danse !

Ce qui, le jour, est fade, est en toi plus réel,

Plus épais, consistant, tout comme si le gel

Accentuait les traits, les figeait ; quelle chance !

 

Ton décor resplendit, tout d’ors et de velours

Pourpres et rougeoyants ; quand roulent les tambours

Au lever du rideau, sublimes sont tes fastes !

 

Au parterre, on retient sa respiration,

Trépignant, exultant, tremblant d’émotion …

Qui saurait te chanter ? Tes charmes sont si vastes !

 

4 – Alambic

 

Qui saurait te chanter ? Tes charmes sont si vastes !

Du crépuscule à l’aube et du soir au matin,

Tu t’étends, prodiguant le repos, le destin,

Tant de choses encor, tant bonnes que néfastes …

 

En toi sont distillés le pire et le meilleur,

Tout comme un alambic, tandis que sur la flamme

Le vin bout à feu doux, lui prélève son âme,

En fait un alcool fort, plus qu’aucune liqueur ;

 

Et quiconque le boit, ses secrets se révèlent.

Plus aucun ne ressemble à des moutons qui bêlent,

Et l’on voit à coup sûr de quel bois tous sont faits …

 

Oh, maints ne sont pas beaux, certaines sont hideuses,

D’autres de grands salauds, d’épouvantables gueuses !

Certes, l’on voit parfois d’innommables méfaits !

 

5 - Méfaits

 

Certes, l’on voit parfois d’innommables méfaits

Quand en l’homme la bête immonde se réveille,

Se croyant bien cachée ; et la raison faseye

Alors ; bien peu le croient, beaucoup sont stupéfaits

 

En voyant le couteau, planté dans la poitrine

Du pauvre assassiné pour ses trois pauvres sous ;

La fillette qu’on viole, arrachant ses dessous

Sur un air de samba, tandis que l’on badine …

 

Que dire de la guerre ? On trouve une raison

Quelconque, et très bientôt, sans même une oraison,

Dans le sommeil, le feu s’abat, en moins d’une heure,

 

Sur une ville entière ; et moult, de qui survit

Aspire au sort des morts … Que de forfaits l’on vit

Commis sous ton couvert ! Et plus d’un, alors, pleure !

 

6 – Désespoir

 

Commis sous ton couvert – et plus d’un, alors, pleure –

Des crimes atterrants remplissent le journal,

Illuminant le soir de leur sombre fanal …

Est insensible, alors, tel qui ne s’en écœure !

 

De contempler cela, tout un chacun s’émeut,

Mais maint zappe aussitôt, pour parler d’autre chose …

Pour celui toutefois, qui ne le peut, ni l’ose,

Un ressort est cassé ; c’est celui qui le meut.

 

Était-il déprimé, dès avant ces nouvelles,

Pour oublier ainsi les merveilles si belles

Qu’au long de toute vie on croise sans compter ?

 

C’est sans doute le cas, sa peine intérieure

S’en sert comme levier pour mieux le démonter …

Âpre est le désespoir au sombre de cette heure !

 

7 – Monde souterrain

 

Âpre est le désespoir au sombre de cette heure,

Quand Dame Solitude, ardente comme un feu,

Consume la raison, la plonge en un enfeu …

Pourra-t-elle en sortir avant qu’elle n’en meure ?

 

En mourir … Est-ce donc le pire ? Ne le craint

Plus celui, dépressif, qui ne sent plus l’envie

De se battre pour être, et méprise la vie ;

« Ô, nuit, qui me convie au monde souterrain », 

 

Dit-il ! Et tel qui gît en son lit de souffrance

Hurle : « Chaque seconde, une nouvelle lance

Me transperce le corps ; et si lourd est mon faix !

 

Il n’est d’aube pour moi que torture nouvelle ;

L’attendant, je ne dors, car Douleur m’ensorcelle ;

Ne vit-on sous son joug ployer des hommes faits ? »

 

8 – Jugement

 

Ne vit-on sous son joug ployer des hommes faits ?

Des rois même ont craqué sous le poids de la nuit,

Ne se supportant plus, tant l’absence de bruit

Les condamnait, tremblants, à regarder leur cœur

 

Pour n’y voir qu’un grand vide, un abîme ; ils s’y noient

En cruelle insomnie, enfants terrifiés,

Eux qui, le jour, ont commandé : « Allez ! Pillez

Et massacrez mes ennemis ! Qu’on les foudroie !» 

 

Quand la balance est vide, il n’est aucun salut ;

L’on est face à soi même, et certe* il eût fallut

Un bien meilleur censeur, pour avoir une chance !

 

Pourquoi ne se sont-ils retournés vers le ciel ?

Il n’est de jugement en ses rayons de miel,

Regarde Séléné, déesse du silence !

 

9 - Séléné

 

Regarde Séléné, déesse du silence,

Et chacun de tes pas, moule-les en ses rais ;

Le chemin te fait peur ? Oui, c’est normal, après

Tant, tant et tant de jours, de mois de vaine danse !

 

Reste la bouche close ; elle dirait « Tais-toi ! »

Reste à la contempler, oubliant tout le reste ;

Accepte que le vide, à l’envi, te déleste

De tout ce qui t’encombre et te remplit d’effroi …

 

L’on se retrouve nu ; pelure après pelure,

L’on se dévêt de tellement de vaine enflure

Que l’on craint de se perdre ; intense est la frayeur !

 

Mais il faut tenir bon, puisant dans son courage ;

Car si l’on persévère, au terme du voyage,

L’on peut y retrouver son homme intérieur !

 

10 – L’homme intérieur

 

L’on peut y retrouver son homme intérieur,

Ce tout petit enfant qui regarde le monde

Chaque jour d’un œil neuf, d’une pupille ronde ;

En battant des deux mains, il l’applaudit, rieur !

 

Ah, qu’il soit mon mentor pour entrer en la fête,

Savoir me délecter de la moindre saveur,

Me régaler de tout, de tous surtout ! Mon cœur,

Suis ce chemin : La joie est là, simple et parfaite !

 

Lui seul peut nous guider ; ne sont d’aucun secours

Ni savoir, ni pouvoir, ni les nuits, ni les jours

Passés à se distraire … Et leur saveur est rance,

 

Alors que nous n’avons qu’à lui tendre la main

Pour goûter, avec lui, ce merveilleux festin !

L’on renaît avec lui, quand avec lui, l’on danse !

 

11 – Le chemin du cœur

 

L’on renaît avec lui, quand avec lui, l’on danse ;

Et chacun des sentiers qu’on parcourt sont nouveaux,

Ils sont vierges de pas, tous ces monts et ces vaux ;

Qu’est chaque instant ? Un nourrisson ! Tout recommence !

 

Alors, l’on s’émerveille – Et l’on pleure parfois,

Car la compassion y trouve aussi sa place ;

Mais cette peine-là jamais ne nous fracasse,

Car qui la vit ressort grandi de cette croix ! –

 

Ce n’est qu’en ces moments, quand nous vivons sans fard,

Que la muse apparaît, pour celui dont c’est l’art ;

Et toi, crois-moi, mon bon ami, mon cher lecteur :

 

Ce qu’elle lit en nous, elle le prend, le sème,

Et l’on goûte bientôt aux épis : un poème,

Quand s’ouvre devant soi le chemin de son cœur !

 

12 – Transfigurés

 

Quand s’ouvre devant soi le chemin de son cœur,

Qu’on le suit hardiment, d’un pas vaillant, sans crainte

D’aucune sorte, en repoussant du mal l’étreinte,

L’on peut être assuré de renaître, vainqueur !

 

Alors, l’on voit surgir en nous un nouvel être,

Au visage inconnu, mais aux bras grands ouverts

Pour accueillir le monde et ses joyaux offerts :

Tous les humains, bons ou mauvais, sans en omettre

 

Un seul ! Car il n’en est qui ne soit un trésor,

Même le moindre, oh, de combien, vaut mieux que l’or

Autour duquel pourtant, tant tournent en cadence …

 

Et l’on en est à tout jamais transfigurés,

Cela se voit ! Car, tout d’un coup, comme des rais,

Le meilleur, de chacun, jaillit ; sublime chance !

 

13 – Libres

 

Le meilleur, de chacun, jaillit ; sublime chance,

Dès ici-bas, déjà pouvoir être soi-même ;

L’on peut enfin goûter la liberté suprême,

Laissant derrière soi le dur temps de l’errance

 

Au gré des passions sans rime ni raison !

C’était un esclavage, et, les chaines brisées, 

C’est la rédemption, comme aux Champs Élysées**

Où l’éternel printemps est l’unique saison.

 

C’est alors que l’on peut, sans crainte, ouvrir son âme

À l’autre, sans risquer que s’éteigne la flamme

Du cœur, tant son brasier est vif, intérieur.

 

Avez-vous devinés – Point besoin d'être oracle –

Ce qui peut advenir ? Eh oui ! Comme un miracle,

L’amour éclôt souvent. Est-il plus belle fleur ?

 

14 – Ambroisie

 

L’amour éclôt souvent. Est-il plus belle fleur ?

Quel somptueux jardin, où l’on voit apparaître

Ces merveilles sans prix ! Heureux qui peut y paître,

Car l’ambroisie y coule à flots ; cette liqueur

 

Divine s’y distille et s’offre sans limite

À quiconque en est digne ; il suffit, pour cela,

D’avoir ouvert son âme, et d’avoir laissé là

Tout ce vain superflu qui souvent nous habite.

 

L’heure silencieuse est donnée en ce but

À l’homme ; tend l’oreille à sa musique ! Chut !

Et laisse les t’emplir, ces espaces si vastes

 

Où la condition humaine, en sa splendeur,

En sa souffrance aussi, s’offre à toi sans pudeur ;

Ô, nuit que j’aime tant, univers de contrastes !

 

Stellamaris

 

* « Certe » : licence poétique empruntée, notamment, à Victor Hugo

** « Champs Élysées » : Séjour des bienheureux, dans la mythologie grecque

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 18:42

L’araignée / / Horreur ! Une araignée, en le ciel de ma ville / Je crois, tisse sa toile, inéluctablement … / Le ciel n’apparaît plus – C’est bien là mon tourment ! – / Qu'au travers de son piège, et ma raison fragile / / S’enfuit : « C’est un filet ; nous serons dévorés, / Et nul ne peut survivre à l’odieux carnage / Qui bientôt nous attend ! » Je tremble et suis en nage / Attendant le moment de périr en ses rets … / / N’est-ce qu’un cauchemar, rêve trompeur, qui ment ? / Est-ce une métaphore, en ce temps inclément ? / Ô, toi qui lis ces vers, j’attends ton jugement … / / Prends garde cependant ! Car si je ne me trompe, / Si l’homme devient loup, c’est parce que s’estompe / Son lien avec les cieux … Gare, qu’il ne se rompe ! / / Stellamaris(Sonnet irrégulier)

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 23:25

Nuit de contrastes / / Ô, nuit que j’aime tant, univers de contrastes ! / De l’humaine nature, incroyable reflet ; / Toi qui sublimes tout, tant le beau que le laid, / Qui saurait te chanter ? Tes charmes sont si vastes ! / / Certes, l’on voit parfois d’innommables méfaits / Commis sous ton couvert, et plus d’un, alors, pleure ; / Âpre est le désespoir au sombre de cette heure, / Ne vit-on sous son joug ployer des hommes faits ? / / Mais la lune est aussi déesse du silence / l’on peut y retrouver enfin l’homme intérieur ; / L’on renaît avec lui, quand avec lui, l’on danse ! / / Quand s'ouvre devant soi le chemin de son cœur, / Le meilleur, de chacun, jaillit ; sublime chance, / L’amour éclôt souvent. Est-il plus belle fleur ? / / Stellamaris(Sonnet irrégulier)

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 23:41

Miel du soir / / Quand vient la nuit, le silence / Enfin remplit la maison / De sa douce déraison ; / Heure riche autant que dense ! / / C’est une immobile danse, / Merveilleuse pâmoison, / Quand, du stress, l’exhalaison / Fuit ; inestimable chance ! / / Je la saisis ; quel bonheur, / Car ma muse se réveille, / Puis, infatigable abeille, / / Faisant son miel de mon cœur, / Élabore ce poème … / N’est-ce là tout ce que j’aime ? / / Stellamaris(Photographie : nuit sur la rade de Toulon)(Sonnet irrégulier)

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 22:54

Poursuite de la campagne de jeu de rôles qui a déjà donné lieu à deux poèmes que vous trouverez dans la catégorie "Jeu de rôles". Compte-rendu de la séance de samedi soir, j'ai changé de personnage et je joue désormais la fille du jarl (4)

L'image de fond représente Yggdrasil, l'arbre-monde

Nota : Pour apprécier le rythme du poème, consulter les notes de bas de page sur la prononciation des termes scandinaves, notamment "Baldr" et "Nifflheim" qui ont une syllabe de plus que ce que leur orthographe ne l'indiquerait en langue française

http://img68.xooimage.com/files/5/2/9/pr-lude-la-saga--...rouenges-2fcd9e4.jpg

http://img66.xooimage.com/files/7/3/b/pr-lude-la-saga-p...rouenges-2fcda18.jpg

(Ronde de rotrouenges)

1 - Cauchemar

 

Dieux ! Quel sombre destin ! Quel funeste présage !

Mon père est haletant, hanté, tout comme un vieil

Homme qui craint la mort au détour du sommeil …

Lui, le fier, le puissant, le si brave, le sage !

 

Vit-il donc Niflheim (1), le pays sans herbage,

Sans chaleur, sans soleil, où trône Dame Hel ? (2)

Jamais nul n’en revint ! Même Baldr (3), le bel, 

Y reste prisonnier, se lamente le sage !

 

Mais moi, je le connais ; même ce paysage

Noir, ne le troublerait, s’il y descendait seul …

Je frémis … Dieux ! Qui donc vit-il, en un linceul

Enveloppé ? Quelle terreur, pour qui fut sage !

 

Jamais nul cauchemar ne troubla son visage

Autant que celui-ci … Lui dont le ferme cœur

Ne succomba jamais aux affres de la peur !

C’est un terrible rêve, effrayant le plus sage !

 

2 - Cages

 

C’est un terrible rêve, effrayant le plus sage :

Dans un bateau fait d’os, qui voguait en grinçant,

Il naviguait, hagard, sur une mer de sang …

Une âme, dans chaque os, est prisonnière, en cage …

 

Ces âmes, c’est son peuple ! Et vois, sur le rivage,

N’est-ce son peuple aussi, qui, fuyant les forêts

En feu, court éperdu, pour tomber dans les rets

D’un sort bien pire encor que cette horrible cage ?

 

Là, les monstres marins, aux aguets, sur la plage,

Traquaient les rescapés, se repaissaient des morts … 

Bien pire, en esclavage ils traînaient les plus forts,

Au fond des flots maudits … Éternelle est leur cage …

 

Comme un prophète en transe, on voit sur le visage

De mon Père couler, en abondants ruisseaux,

Une sueur vermeille … Et, rompant tous ses sceaux,

Entends son cœur de jarl (4) s’emballer en sa cage !

 

3 - Que veut nous dire Odin ?

 

Entends son cœur de jarl (4) s’emballer en sa cage ;

Du clan, n’est-il le père ? Et nous, son héritage ?

Et pour sauver ses fils, il oserait, je gage,

Interroger Odin …

 

Odin, le Dieu des dieux, qui règne sans partage

Sur Asgard (5) et Midgard (6), depuis des temps sans âge ?

Oser le défier, c’est s’offrir au carnage !

Qu’il est puissant, Odin !

 

Connaître le futur, n’est-ce l’unique ouvrage

Auquel il se dédie ? Et si grande est sa rage

Qu’il y perdit un œil, car tel est son courage !

Ne sait-il tout, Odin ?

 

Mais bien obscur, souvent, est hélas le langage

Dont il use pour nous … Et souvent l’homme enrage

De n’y entendre goutte, et tôt se décourage …

Que veut nous dire Odin ?

 

4 - Perplexité

 

Que veut nous dire Odin ?

Personne ne comprend, tout le jour l’on médite

Son message soudain …

Et chacun s’interroge, et longuement hésite …

 

Comme un coup de gourdin

Nous semble cet oracle, et l’effroi monte vite …

Serait-il vraiment fin

De le chanter ? On en rirait ! Le scalde hésite !

 

Non, ce n’est anodin !

Est-ce que va périr ce monde où l’on habite,

Et la biche et le daim

Dans la forêt ? Combien tout cœur, tremblant, hésite !

 

Ni noble, ni gredin,

Nul ne comprend ! Ingun (7) même reste interdite …

Oh, pauvre citadin,

Regarde la völva (8) ; vois donc comme elle hésite !

 

5 - Jeûne

 

Regarde la völva (8) ; vois donc comme elle hésite ! –

Encore après un jeune et des veilles sans fin,

Régime rigoureux, fait de sel et de pain ;

Vois donc ; elle est si maigre ! En son corps, plus n’habite !

 

Ne croirait-on plutôt voir une cénobite

Recluse en plein désert ? Un vieux moine chrétien,

Qui, pour prier son dieu, ne boit ni mange rien,

Sinon le minimum, tant sa flamme l’habite ?

 

Mais Odin n’est pas tel ! Il n’est un troglodyte !

Pour lui, boire et manger sont un culte divin ;

Son éternel banquet, nul n’y connaît la faim ;

Fou, celui qui l’oublie ! Au Valhall (9) il habite !

 

À perdre la raison, la prêtresse cogite ;

Et nous autres du clan, que ferons nous enfin ?

Thor, retiens ta fureur, quand, en sombre parfum,

Toute terreur prend corps, grandit, puis nous habite …

 

6 - Terreur

 

Toute terreur prend corps, grandit, puis nous habite …

Nous nous croyions vaillants, comme un peuple puissant

Qui règne sur la mer par le glaive et le sang ?

Toute rébellion, devant nous, fut détruite ?

 

Toute ville ennemie, aussitôt déconfite,

Ne peut imaginer plus terribles fureurs

Que les nôtres ; nos raids sont si dévastateurs

Que toute leur contrée est quasiment détruite !

 

Quand ils voient un langskip (10), que soudaine est leur fuite !

Ils courent se terrer, tout comme des lapins,

Et nous laissent piller impunément leurs biens …

Leur cité, comme un fruit, tombe aussitôt, détruite !

 

Mais ce rêve est venu, comme un météorite,

Saper notre courage, et, comme des enfants,

Nous sommes apeurés, tremblants, plus que des faons …

Finirons-nous grillés, notre race, détruite ?

 

7 – La fureur des dieux

 

Finirons-nous grillés, notre race, détruite ?

Est-ce donc tout Asgard (5) qui contre nous s’agite,

Levant ses légions, pour notre mort subite ?

Que nous veut donc Odin ?

 

Il n’épargne personne, et pas même lui-même,

Se laissant mutiler pour le savoir suprême,

Les scaldes (11) l’ont chanté, célèbre est ce poème …

Inflexible est Odin !

 

La victoire est à lui, car il vainquit Ymir (12),

De son corps façonna Midgard (5), sans défaillir.

Ne vois-tu qu’Yggdrasil (13) sans lui ne peut verdir ?

Ô, tout puissant Odin !

 

Qui subit ta colère et ta rouge fureur

Les os liquéfiés tant intense est sa peur,

En est paralysé, cloué par la stupeur ;

Terrifiant Odin !

 

8 – Relevons la tête

 

Terrifiant Odin !

Contemplant ses exploits, notre âme est stupéfaite,

Oui, mais, pleurer en vain ?

Il déteste cela, nous dit chaque prophète :

 

« Il abhorre qui geint ! »

Reprenons nos esprits, et relevons la tête ;

Quel que soit le gardien,

Oui ! Nous l’affronterons, pour chercher son prophète !

 

Il est long le chemin,

Et par d’étranges mers où le danger nous guette, 

Nous irons, dès demain,

Dans un unique but, rencontrer son prophète !

 

Hardi, les gars ! Quand bien

Même, des Lofoten, le roi (14), terrible bête,

Serait sur le chemin,

Nous irons dans le Nord consulter son prophète !

 

9 – Son prophète

 

Nous irons dans le Nord consulter son prophète,

La femme légendaire – Et qui donc ne la craint ? –

Qui transperce les cœurs de son regard d’airain ;

Oui, nous l’affronterons ! Ce sera notre quête !

 

On dit que les blizzards paissent sous sa houlette,

Qu’en son palais de glace, un froid surnaturel

Étreint même les flots, et que maints, par le gel,

Périssent sans toucher le terme de leur quête …

 

Qui parvient à ses pieds, souvent, elle l’hébète,

Il nous revient stupide et parfois même fol,

La révélation, comme du vitriol,

Lui détruisant l’esprit … Trop lourde était la quête !

 

Mais c’est sur ce chemin où le danger nous guète

À chaque pas, que nous irons ; notre destin

Implacable nous mène, au son de son tocsin,

Voir la Dame de Givre ; écrasante est la quête !

 

10 - Reflets

 

Voir la Dame de Givre ; écrasante est la quête,

Mais nous l’affronterons, car vital est l’enjeu ;

Il est fini le temps du rire. Comme un feu,

Le poids de ce fardeau dans nos yeux se reflète,

 

Nous avançons courbés, et comme à l’aveuglette …

Oui, mais déterminés ; car quand tout le salut

Du clan est en péril, défaillir est exclu ;

Et ce défi, pareillement, là, se reflète ! 

 

L’impatience aussi nous mène et nous projette

Sur ce chemin de gloire et de péril mêlés ;

Nous voudrions voler tel un aigle, être ailés

Pour trouver ce miroir où demain se reflète !

 

Car elle est véridique, interprète parfaite

Du Père des humains, de son décret divin ;

Oui, nous nous y fions : La parole D’Odin

Son oracle, dit-on, fidèlement reflète.

 

11 – En chemin

 

Son oracle, dit-on, fidèlement reflète

Les desseins du grand dieu … Furtifs, à l’aveuglette,

Nous naviguons dans le brouillard … Qui nous y guette ?

Des margyrs (15) ! Nous vainquons ; Ah, loué soit Odin !

 

Qu’il fait froid, tout d’un coup ! Voici qu’une tempête

De neige, hors saison, dans un fjord nous arrête …

Ne serait-ce le but ? Nous débarquons sur cette

Côte … Une horde attaque … Et tôt fuit, par Odin !

 

Nous voilà dans sa grotte ! Et, la mine défaite,

Nous contemplons ce mur : À chacun, il projette

Ses secrets bien scellés … Maint y perdrait la tête,

Mais nous y résistons, par la grâce d’Odin !

 

Enfin, voici l’Oracle ! À l’entendre, on s’apprête,

Non sans avoir d’abord formulé la requête :

Ce rêve qui nous trouble, ah, qu’en soient l’interprète

Les paroles d’Odin !

 

12 – Terrassés

 

Les paroles d’Odin

Nous parviennent enfin, dans la grotte de glace ;

C’est un capiteux vin

Tant amer et si fort qu’Ivresse nous terrasse :

 

Nous ne comprenons rien

D’abord ; abasourdi, notre esprit se fracasse

Contre ces mots d’airain :

À croire que Mjöllnir (16) se lève et nous terrasse !

 

Quand notre tête, enfin,

Accepte le message et lui fait une place,

Notre cœur n’en revient ;

Car c’est lui maintenant que l’oracle terrasse.

 

Vraiment, que l’homme est vain

De croire tutoyer, sans risque, face à face,

Le mystère divin !

Le message est de plomb, et son poids nous terrasse !

 

13 – Le message

 

Le message est de plomb, et son poids nous terrasse ;

Cependant nous savons, c’est certain, qu’il ne ment.

Et par un don des dieux, très progressivement

Nous percevons son sens, malgré notre humble race.

 

C’est un vieux cauchemar où la raison trépasse,

Conte que l’on ouït dès tout petit enfant,

Mais qui, pour l’homme fait, n’est pas moins étouffant ;

Il surgit devant nous ; l’avenir de la race …

 

C’est un feu dévorant, qui, comme une paillasse

Embrase notre monde et bien d’autres aussi ;

Titanesques combats ! Mais dites-le moi, si

Chutent même les dieux, que fera notre race ?

 

Pourtant nous percevons, et grande est notre angoisse, 

Ce funeste tableau se former lentement.

L’image devient nette, et grand notre tourment :

Que vois-je ? Ragnarök (17) s’en vient sur notre race !

 

14 – Ragnarök

 

« Que vois-je ? Ragnarök (17) s’en vient sur notre race ;

En un terrible hiver où périt le soleil,

Les gens meurent de faim, ou d’un esprit vermeil

De sanglante folie obscurcissant leur face.

 

Fenrir (18), loup fabuleux, se libère et terrasse

Le plus puissant des dieux ; il ne reste vainqueur

Bien longtemps, car Vidar (19), d’une épée en plein cœur,

Aussitôt vient venger de son Père la face.

 

Quand Jörmungand (20) se dresse, hélas, telle est sa masse

Que la mer, débordant, se répand sur Midgard (8) ;

Ce qui reste hors des flots brûle si bien qu’Asgard (7)

Est suffoqué, de la fumée en pleine face !

 

Baldr (6), de Niflheim (4), revient pour prendre place

Sur le trône céleste ; un nouvel âge d’or ...

Cet oracle est certain ; la norne (21) ne s’endort.

Vous, tenez bon ! Car vous devez chercher la face ! »

 

15 – Chercher la face

 

« Vous, tenez bon ! Car vous devez chercher la face

De votre divin maître. Allez, avec audace,

Long sera le chemin, tortueux ; y trépasse 

Qui n’est élu divin. »

 

« Maîtresse, nul mortel ne sait par où l’on passe

Pour rencontrer les dieux ; et le gardien pourchasse

Qui trouve le passage, et quand il le fracasse,

Il le réduit à rien »

 

« Floue est ma vision ; c’est là quelle s’efface.

Cherchez, cherchez encor, que votre esprit ressasse

Mes paroles. Suivez le moindre indice ou trace

Indiquant le chemin.

 

Croyez en mes propos, pourtant ; ma vue est basse,

Mais le Destin qui parle est vraiment efficace,

Il saura vous guider, cherchant le très sagace,

Le visage d’Odin ! »

 

16 – La quête

 

« Le visage d’Odin

Tel sera votre quête ; elle est digne d’un mage,

Le nier serait vain ;

Vous persévèrerez, car tel est le présage !

 

Quelle en sera la fin,

Cela je ne l’ai vu, pas même en un mirage ;

Tel est un faux devin

Qui ne craint de broder tout autour du présage !

 

Car, avant le regain

Surviendra Ragnarök, temps de sang, temps de rage,

Temps ou périra maint

Homme, géant et dieu, nous le dit le présage ! »

 

« Cieux ! Comment un humain

Pourrait-il supporter ces mystères sans âge ?

Et ne périr soudain ?

Dieux, quel sombre destin ! Quel funeste présage ! »

 

Rotrouenge maîtresse – Présages

 

Dieux, quel sombre destin ! Quel funeste présage !

C’est un terrible rêve, effrayant le plus sage ;

Entends son cœur de jarl (1) s’emballer en sa cage !

Que veut nous dire Odin ?

 

Regarde la völva (2) ; vois donc comme elle hésite ! –

Toute terreur prend corps, grandit, puis nous habite …

Finirons-nous grillés, notre race, détruite ?

Terrifiant Odin !

 

Nous irons dans le Nord consulter son prophète,

Voir la Dame de Givre –Écrasante est la quête –

Son oracle, dit-on, fidèlement reflète

Les paroles d’Odin.

 

Le message est de plomb, et son poids nous terrasse :

« Que vois-je ? Ragnarök (3) s’en vient sur notre race.

Vous, tenez bon ! Car vous devez chercher la face,

Le visage d’Odin ! »

 

Stellamaris

(1) Niflheim (Prononcer « Niffeulhaim ») : le monde des morts

(2) Dame Hel, la déesse de la mort

(3) Baldr (Prononcer « Baldeur ») : fils d’Odin

(4) Jarl : Prononcer « yarl » ; l’équivalent, dans l’ancienne Scandinavie, d’un comte chez nous

(5) Asgard : Le monde des dieux

(6) Midgard : Le monde des hommes

(7) Ingun : La völva du clan

(8) Völva : Prêtresse – devineresse

(9) Valhall : Ou Walhalla, suivant les transcriptions. Prononcer « Val-Hôl », avec un « H » soufflé

(10) Langskip : Bateaux de guerre scandinave, improprement appelé « drakkar » (ce qui, en toute rigueur, ne s’applique qu’à la figure de proue)

(11) Scalde : Barde

(12) Ymir, le père des géants

(13) Yggdrasil, l’arbre-monde, qui pousse dans les neufs mondes

(14) Le Roi des Lofoten : Un terrible kraken, gardien du Maelström

(15) Margyr : Sirène scandinave

(16) Mjöllnir (Prononcer Myeulnir) : Le marteau de Thor

(17) Ragnarök : L’ultime combat, où périront la majorité des hommes et des dieux … Avant une nouvelle renaissance du monde …

(18) Fenrir : Loup, fils du dieu Loki et de la géante Angrboda, que les dieux avaient enchaîné par ruse le trouvant trop dangereux

(19) Vidar, un des fils d’Odin

(20) Jörmungand (Prononcer Yeurmungand) : Le serpent de mer, frère de Fenrir, qui ceinture Midgard, le monde des hommes, en se mordant la queue

(21) Norne : Elles sont trois, les gardiennes du destin

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 12:16

L’éléphant / / Vois donc cet éléphant / Qui – C’est époustouflant / Pour l’homme au cœur d’enfant – / Reste dans la rivière ; / / Car il est fait de roc, / Qui semble plus ad hoc / Pour couler tout d’un bloc / Au fond de la rivière ! / / Pourtant, c’est le pompon, / Il fut mis comme pont / Afin que nul jupon / Ne trempe en la rivière ! / / Apprends qu’il fut maudit ; / Et donc, il lui fut dit : / « Pour te punir, bandit, / Reste dans la rivière ! » / / En effet, bien des fois, / En courant dans les bois / Il jetait, trois par trois, / Les troncs dans la rivière ! / / Korrig, fée … irrité, / Chacun, donc, tempêtait ; / Il ne se repentait ! / Et pleurait la rivière ! / / Un procès fut ouvert / Ces jours, sous le bois vert ; / Il évita l’enfer / Du fond de la rivière ; / / Mais, pour que soit vengé / Chaque arbre ravagé, / Il fut ainsi changé, / Par-dessus la rivière ! / / Stellamaris

(Photographie : Le Pont Rouge, en Forêt de Huelgoat)

(Rotrouenge)

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 00:00

Un trait de sang / / C’est juste un trait de sang / Sur la nue endormie, / Présage repoussant / Pour qui ne craindrait mie ! / Tout juste un trait de sang. / / Quand le sol est absent / Et la terre, partie, / Tout est noir … Sauf l’accent / De pourpre décatie : / Tout juste un trait de sang / / Que l’obscur est puissant, / Qu’une lueur faiblarde, / Seule, luise ! Glaçant / Nos espoirs, Râ nous darde / Tout juste un trait de sang. / / La nuit vient, mille et cent / Fantômes se réveillent ; / Cauchemar oppressant, / Que la lumière est vieille ! / Tout juste un trait de sang. / / Stellamaris

(Photographie : Crépuscule vu d'avion, ce soir)

(Rotrouenge)

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 20:23

La fuite / / Ô, baignoire, qui fuis en source non tarie, / Tu résistes toujours, mais moi, je suis têtu ! / Pourtant, je l’ai suivi – Baignoire, le sais-tu ? – / Ce foutu manuel ! Je te hais, plomberie ! / / J’ai bien serré le joint, selon la théorie, / Avec la clef anglaise, encore, encor plus fort … / Mais la fuite résiste ! Ô, Dieux ! Coquin de sort ! / Qui resterait serein ? Je te hais, plomberie ! / / Alors, je reste sale, et la mine flétrie, / Je ne puis me laver depuis des jours entiers, / Sous peine d’inonder la cuisine … Riez, / Moqueurs, si vous l’osez ! Je te hais, plomberie ! / / Mais tu ne me vaincras par ton effronterie ! / Car demain, de nouveau, je repars à l’assaut / Au risque de devoir encor sortir le seau … / Un jour, j’aurais ta peau ! Je te hais, plomberie ! / / Stellamaris(Photographie : Ma salle de bains en plein chantier)(Rotrouenge)

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 09:04

La rotrouenge est une forme poétique médiévale, probablement née à la cour de Rotrou (d'où son nom), et quasiment tombée en désuétude ...

La rotrouenge / / Mon ancêtre de Rotrou / Était comte de son trou, / Y recevait des trouvères, / Bon rimailleurs, pauvres hères. / L’un, sans craindre d'échouer, / Inventa, pour le louer / Ce chant dit « la rotrouenge » / / Et bien sûr, il fut séduit, / Et se retrouva réduit / À lui donner récompenses, / Des présents royaux, tu penses ! / Ce fut un coup réussi, / Ne le diriez-vous aussi, / Ce chant dit « la rotrouenge » ? / / Ah ! Les fastes de sa cour / Je ne les verrai, nul jour ! / Cela fait un millénaire / Et nous avons changé d’ère ! / Et l’on n’entend plus jamais / Nul qui chante, désormais / Ce chant dit « la rotrouenge ». / / Oui, mais un ami très cher, / Un très grand poète, un pair / Des plumes les plus célèbres / Qui surgissent des ténèbres / Voulut remettre à l’honneur / Cette merveilleuse fleur, / Ce chant dit « la rotrouenge » / / Alors, il nous l’enseigna, / Et nul de nous ne grogna ! / Cette forme, comme soie, / Permet de chanter la joie, / La tristesse, la douleur, / Tous les sentiments du cœur … / Ce chant, dit « la rotrouenge » ! / / C’est pour lui dire merci, / Et me rappeler aussi / Mon ancêtre, ce grand homme / Et son troubadour, en somme, / Que j’ai composé ces vers … / Et donc ainsi, je vous sers / Ce chant, dit « la rotrouenge » ! / / Stellamaris

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 20:48

La panne de plume continue ... Ne dit-on pas que c'est le seul sujet qui ne fera jamais défaut au poète ?

Tari … / / Je suis bien trop pris, / Mes vers sont taris, / Guère je n’écris … / Suis-je encor poète ? / / Quand mes mots sont froids, / Vois-tu, c’est ma croix / Plus que tu ne crois … / Triste est le poète ! / / Me taire m’est lourd / Quand je deviens sourd / À ma muse, gourd, / Bien piètre poète ! / / C’est vrai que c’est dur … / Mais mon art, c’est sûr, / Renaîtra plus pur. / Je serai poète ! / / Stellamaris

(Rotrouenge)

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